Martelly/ Lamothe: Les Charlots de la République! par Michèle Bennett Duvalier

MES POINTS SUR LES I
DE MICHELE BENNETT DUVALIER
————————————————— Je dédie le mois de Juillet au President Jean Claude Duvalier.

A Jean Claude,
A nos enfants, Nicolas et Anya

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Martelly/ Lamothe: Les Charlots de la République

Le samedi 4 Octobre 2014 décédait le President Jean Claude Duvalier.

J’étais sous le choc, triste, anéantie. Mais il fallait coûte que coûte que je protège notre fille Anya, qui était seule a Paris, de la folie médiatique qui s’est déclenchée des l’annonce de la mort de son pere, car en moins de deux heures après la nouvelle, les paparazzis etaient déjà en bas de notre immeuble a Paris. Je dois dire en passant, qu’on y a doit depuis près de 30 ans, surtout quand leur pere faisait la une de la presse internationale. J’ai toujours protégé mes enfants de cette presse nauséabonde, en quête de scoop. En 30 ans d’exil, tres peu de photos de mes enfants ou de moi ont parues dans la presse.

Je passais mes vacances avec Anya en Haiti depuis le début du mois d’août. Mais devant reprendre ses activités professionnelles, elle repartit seule pour Paris vers la mi-août et j’y suis restée pour passer du temps avec le reste de la famille.

Des que j’ai appris le décès de son pere, je me suis précipitée de l’appeler pour qu’elle ne l’apprenne pas dans la presse. La nouvelle s’était répandue comme une traînée de poudre. Anya revint a Haiti le lendemain de la mort de son pere.

Pour la première fois de ma vie, je me suis retrouvée, seule, a assumer des reponsabilités que jamais je n’aurais pense avoir! Préparer la cérémonie des funérailles du President Jean Claude Duvalier. Et je n’avais pas droit a l’erreur.
Des le dimanche soir, avec Nicolas et sa soeur, nous sommes réunis pour en discuter, quand le Ministère des Affaires Étrangères appela pour annoncer a mon fils que par décision du gouvernement, son pere aurait des funérailles nationales, et de ce fait, la famille n’avait rien a faire, même pas l’annonce traditionnelle du décès dans les journaux, en précisant également que le Chef du Protocole prendrait contact avec nous le lendemain pour discuter des préparatifs. Tout ceci m’a paru parfaitement normal, vu que JCD a eté President d’Haiti de 1971 a 1986.

Le jour même du décès de JCD, le president en exercice, le “tres distingue” Michel Martelly fit une déclaration a la radio et sur twitter, de sa belle résidence de la plage, qui coûta, déclarait-il récemment dans une émission de tele, plus de 6 millions de dollars, probablement en chemisette et maillot de bain (voir photo avec short rose) et un “grog” a la main, se disant “tres peine” de la mort de JCD et a même annonce qu’il lui ferait des funérailles nationales.

Des le dimanche commençait le matraquage médiatique entre les chaines de television, les radios, les débats ont débutes pour savoir si le “dictateur” Jean Claude Duvalier, devrait avoir oui ou non des funérailles nationales.

D’après le protocole en vigueur, tout President de la Republique a droit a des funérailles nationales lors de son décès.

JCD a dirige ce pays pendant Près de 16 ans. Il n’était pas un President “de facto”. Durant son règne, Haiti siégeait aux Nations Unies, et avaient des Ambassades et des représentants diplomatiques, consulaires dans presque toutes les grandes capitales et importantes ville du monde. Et ces mêmes puissances Étrangères etaient dûment représentées chez nous a travers leurs ambassades ou leurs corps consulaires.
Lors d’une conference de presse, la porte-parole du Département d’Etat américain a même présente ses condoléances a la famille Duvalier, et répondant a un journaliste, elle a précise que c’était au gouvernement haïtien de décider de faire des funérailles nationales au President Duvalier, car c’est une affaire interne et haïtienne, qui ne regardait point le Département d’Etat.

Jean Claude a eté mon mentor, mon maitre en politique. Il m’a tout appris. De A a Z. Le Service Publique, l’Administration, le Conseil des Ministres, les politiciens, les beaux discours de politiciens véreux, de détecter les flatteurs, le protocole, le langage diplomatique, les couloirs du Palais National, comment s’adresser a un haut grade des FADH, un soldat, et j’en passe. je peux dire, qu’avec lui, j’ai eu mon “master” en politique.

Forte de cette expérience, j’ai compris que je devais prendre les choses en main. Avec mes deux enfants, on est passe au plan B. Oui, il faut toujours avoir un plan B, surtout en politique. On devait nous même préparer les funérailles, car j’ai réalise que ce gouvernement dirige par une bande de crétins, n’avaient pas les couilles (désolée du langage) pour prendre la responsabilité de donner des funérailles nationales a mon President. Je me suis retrouvée seule avec mes deux enfants a tout faire, sous la pression médiatique, politique, voire même des conseils teintes de menaces de certains “amis proches” du gouvernement de Martelly/Lamothe. On a du même déménager en pleine nuit dans un hotel, pour préparer les funérailles en toute sérénité. Car, j’avais vite compris que ces messieurs du gouvernement voulait nous pousser, nous la famille Duvalier, a faire une déclaration pour annoncer qu’on prenait la responsabilité d’organiser nous mêmes les funérailles. Les lâches!
Le mercredi matin, Martelly appela Nicolas au telephone pour lui présenter ses condoléances et demanda a me parler. Après m’avoir présenter ses sympathies, il m’informa qu’il devait partir le jour même pour une réunion dans une autre ile de la Caraïbe, et qu’a son retour, il viendra nous rendre visite pour présenter ses sympathies a la famille. Nulle besoin de vous dire qu’il n’est jamais venu. Avant de raccrocher, il a précise que dans l’après-midi une annonce officielle sera faite pour annoncer la décision prise par le gouvernement au sujet des funérailles du President JCD. Devant tant de lâchetés d’un homme qui n’osait même pas m’annoncer sa décision de vive voix, cet homme qui a fait toute sa campagne en se disant duvalieriste, je lui ai répondu dans un langage pas tres diplomatique, que s’il n’accordait pas a JCD les funérailles nationales auxquelles il avait droit, que nous, la famille Duvalier, on ferait des funérailles privées et que je ne souhaitais la présence d’aucun membre de son gouvernement. Martelly prit l’avion le jour même. Comme a son habitude, il s’arrangeait toujours pour ne pas etre présent en Haiti quand il devait prendre une décision importante. La fuite en avant…pas digne d’un Chef d’Etat.
En raccrochant le telephone avec Martelly, Nicolas et Anya ont compris a l’expression de mon visage que leur pere n’aurait pas les funérailles nationales auxquelles il avait droit. Ils m’ont simplement dit: “Maman, on se remet au travail et on va préparer a Papa une belle cérémonie, celle qu’il mérite, avec sa famille, et ceux qui l’aimaient vraiment et surtout sans la présence de la petite racaille du gouvernement.
Ce jour la, je regardais mes enfants, qui en moins de 24 heures avaient acquis une maturité extraordinaire face a un événement hors du commun. Nicolas et Anya, malgré leurs deux ans de différence, ont toujours eté comme des jumeaux. Tres solidaires, complices, je m’arrachais les cheveux quand ils faisaient des bêtises, et même quand ils se chamaillaient, comme tous les frères et soeurs, je n’arrivais jamais a départager les torts de l’un ou de l’autre. Ils ont toujours eu un langage propre a eux, que j’appelle le langage des jumeaux Duvalier, que personne, même pas leur pere ou moi pouvions comprendre. Assise a cote d’eux, jamais je n’ai pu comprendre de quoi ils pouvaient bien parler.

Vers 17h, un proche collaborateur de Martelly, tres embarrassé, appela Nicolas pour lui confirmer ce qu’on savait déjà et naturellement la nouvelle était tout de suite officiellement relayée par la presse nationale et internationale.
Des le mercredi soir, on fit paraître dans les journaux et radio, l’annonce du décès. Marie Denise et Simone, les soeurs de JCD arrivèrent le jeudi des USA pour se joindre a nous a la veillée qui se tint a Pax Villa (en face du Sacre Coeur) le soir même. Elles prirent part avec nous a la préparation de la cérémonie qui devait avoir lieue le samedi a la chapelle de St-Louis de Gonzague, mise a notre disposition par les Frères de l’Institution, ecole que JCD a fréquente pendant toute sa scolarité. Cette chapelle ne peut contenir que 800 places assises, ce qui nous convenait parfaitement, vu le caractère prive qu’on voulait donne a la cérémonie.
A 7h du matin le Samedi, jour des funérailles, en arrivant a la chapelle, je fus surprise par la foule de sympathisants venus assister a la cérémonie, beaucoup d’entre eux n’ont pas pu rentrer. Pendant près de 3 heures, c’était un défile ininterrompu de plus de 3000 hommes, femmes et jeunes venus nous présenter leurs sympathies, avant le début de la cérémonie présidée par notre tres cher ami, le Pere Sicot, assistée d’autres prêtres de la Paroisse. Pourrions-nous avoir toute cette démonstration de sympathie si JCD avait eu des funérailles nationales?
N’en déplaise a messieurs Martelly/Lamothe, le petit High Tech en talonnettes, c’était une cérémonie certes triste, mais empreinte de dignité pour rendre hommage a un pere de famille, un President, un Chef d’Etat, Jean Claude Duvalier, qui aimait le peuple haïtien, qui nous a donne une stabilité politique pendant plus de 15 ans! Depuis 30 ans avons-nous eu un Chef d’Etat digne de ce nom? NON! Jamais! Mais vous messieurs, Martelly/High Tech, c’est quoi pour vous etre un chef d’Etat? Est-ce d’aller a Caracas faire les guignols devant le cercueil du President Hugo Chavez, deguises en chemise rouge, en lieu et place de costume sombre de rigueur, votre main sur le coeur avec des mines de circonstance, comme des pleureuses professionnelles! (Voir les 2 Photos) Quel spectacle! On se croirait dans une ceremonie vaudour pour touristes! Quel image désastreuse vous avez donne a notre pays? Les fonds Petro Caribe que vous avez en grande partie détournés, gaspillés au détriment du peuple haïtien, valaient-ils peut etre cette mascarade, il ne manquait plus que vous fassiez une bonne danse du ventre au cadavre de Hugo Chavez. Honte a vous messieurs! Vous êtes la honte de la Republique! Qui merite des funerailles nationales? Manigat, President de facto pendant 8 mois, dont vous avez insulte la femme pendant la campagne electorale? Aristide, pretre faisant l’apologie du supplice du collier? Messieurs, politiquement, vous êtes finis! Basta! Vous n’avez pas preside un gournement, mais un gang, une clique de malveillants. Vous avez pietine le peuple haitien que vous avez meprise pendant votre mandat. Vous n’avez qu’a regarder dans quel etat se trouve le pays maintenant! Vous nous avez laisse dans une belle merde! Un pays delabre, en faillite, les caisses vides, avec un peuple resilient et dans la souffrance, un President Provisoire, faute par vous qui avez organiser des elections frauduleuses, un Parlement compose d’hommes qui pour la plupart monnayent leurs votes, un Parlement qui n’arrive pas a prendre ses responsabilités. Comme disait une amie de facebook, “la politique haïtienne est devenue, depuis 30 ans, une association de malfaiteurs”.
Sur ce, messieurs Martelly/High Tech, mes enfants se joignent a moi pour vous remercier de n’avoir pas accorder des funérailles nationales a notre President, vous nous avez rendu service! Car vous êtes fourbes, sans aucune ethique, sans morale! Votre présence et celle de votre gang de “bandits légaux” aurait souillée cette belle cérémonie en hommage a leur pere, a notre President.

Repose en Paix maintenant Jean Claude.

Michele Bennett
Paris, France

Le 20 Juillet 2016

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