Haïti/Politique : Jovenel Moïse, entre Réussite et “ZIZIRIT”

La politique, au regard des hommes comme Platon et Aristote, c’est la façon d’organiser la cité et la rendre meilleure au profit de tous. Cette politique préconisait des vertus morales comme la justice, la prudence, le bonheur collectif et catégorisait chaque citoyen en fonction de leur aptitude méritocratique.

Quant à Machiavel, l’auteur du fameux livre “Le Prince”, il met en relief tout un ensemble de moyens et de stratagèmes que l’homme dirigeant doit appliquer dans ses manoeuvres politiciennes pour mener, manipuler ou corrompre ses dirigés ou au pire ses suppôts sachant que le contexte d’alors exigeait une telle attitude politique aux fins d’hégémonisme d’État.(16e siècle)

Arriver au 18e siècle, le siècle des lumières, avec des hommes comme Emmanuel Kant, Jean Jacques Rousseau, Montesquieu, John Locke, ces derniers préconisaient plutôt une approche démocratico institutionnelle dans la façon de faire la politique par l’entremise des normes(Lois, décrets, arrêtés etc..)

Le 20e siècle et le 21eS se voient poindre une forme de démocratie où le peuple n’existe qu’en apparence ou comme un aliéné victimisé par là puissance manipulatrice des médias et d’une oligarchie individualiste.
Aucun pays n’est exempt à l’ère contemporaine en particulier les petits pays comme Haïti dont l’objet du travail accorde tout son intérêt idoine.

Sans vouloir être iconoclaste, on constate que la politique qui doit être le tremplin visant à apporter le bien collectif se voit péricliter dans le temps et fourvoyer de sa vraie mission de bien être collectif.

Devant cette hypothèse problématique, ceci nous pousse à poser tout un ensemble de questions pourqu’enfin aboutir aux cavernes de la compréhension et de l’intelligibilité de la politique et de l’être la pratiquant.

-Est ce que la politique a vraiment une vocation de bien-être collectif ou oligarchique?
-Quel régime politique est favorable au peuple réellement?
-Comment la politique peut-elle être utile aux dirigés?
Dans le cas d’Haïti, pourquoi la politique a toujours failli à sa mission de bien public?
-Que peut-on espérer de Jovenel Moïse?

Haïti est le seul pays de l’hémisphère, ironie du sort, où les indices dépeignent un tableau sombre et factice tels que le chômage, la corruption, la misère, l’incompétitivité, l’individualisme, le clientélisme, le népotisme, l’immortalité sans oublier le syndrôme de palais qui créent de mauvais perdants dans la politique haitienne.
La situation est méphistophélique et chaotique.
On ne saurait passer sous silence les accords conclus par Haïti avec des pays étrangers dans le cadre des rapports bilatéraux tantôt multilatéraux, sources d’un ensemble d’enjeux et d’engagements comme c’est le cas du Programme d’Ajustement Structurel(PAS) qui voit la réduction des tarifs douaniers d’un ensemble de produits comme le riz,;la farine, l’oeuf, l’huile, le lait etc..(USA, République dominicaine); Ce qui engendre le doumping qui est interdit par l’organisation mondiale du commerce en raison du fait que ça détruit la production nationale du pays le subissant.
Il y a aussi la problématique du don international et l’ONGéisation qui sont délétères à la santé socio-économique et agricole d’Haïti.

Au final, il y a l’opposition de certains acteurs politiques qui gangrènent la stabilité dans ses compartiments.
Un historien eut à dire que pour comprendre le système politique d’un pays, il faut se référer à sa culture traditionnelle.
Partant de cette hypothèse, ceci nous amène à demander : est ce que l’arrivée de Jovenel Moïse est profitable à Haïti?
Sur une population électorale de Six millions d’habitants, environ six-cent mille ont voté au profit de ce dernier, ce qui est déjà une faiblesse pour lui eu égard à sans légitimité.
L’inflation, la corruption, le goût du gain facile sont visceraux en Haïti.
L’agriculture est inexistante par rapport aux aspects susmentionnés (ONG,PAS,DON) ce qui a pour résultante une exode rurale massive de la paysannerie au niveau de la Capitale.
Jovenel Moïse dans sa promesse de campagne avait le focus sur l’agriculture quasi moribonde qu’il souhaite redorer le blason jusqu’à se faire appeler “Nèg Bannann”.
Ensuite, il a aussi mis l’accent sur la loi et les institutions.
À rappeler que Jovenel hérite d’un Régime qui a beaucoup de passifs comme la corruption dans le cas du fonds de Petro-Caribe et de la banque mondiale…
Sans vouloir être pessimiste, la situation s’avère être complexe pour le prochain titulaire du palais national qui a un ensemble de défis majeurs à ses dépens.
Les jeunes n’en parlent pas.
Leurs destinations pour le Brésil, le Chili et le Mexique demeurent l’endroit paradisiaque d’un exotique mieux être.
Si la réussite dont le président veut parler est pour satisfaire les caprices de quelques copins et oligarques? c’est trop possible. Mais, si c’est pour satisfaire le peuple dans sa toute suffisance et attente holistique; l’inquiétude sera dans toutes les contrées, dans les bols et dans les poches.
Ainsi, le mélange homogène dont il veut faire du soleil, de la terre, de l’air et de l’eau sera confondu à la boue de l’incertitude.
Il ne reste donc au président de choisir la poubelle de l’histoire ou du panthéon.
Diriger c’est prevoir même l’imprévisible pour la postérité ne soit pas risibles.

Vive Haiti quoique tuberculeuse et anémiée !

Nikson Athis,Diplomate,politiste,etudiant en Droit (FDSE)
Présentateur à Signal FM.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *