Entre la justice haïtienne et Jovenel Moise, qui a tort et qui a raison ?

Jovenel Moise prête serment aujourd’hui comme le 58 ème président haïtien. Après une campagne électorale imbibée d’illusion, il a finalement obtenu gain de cause.

Dans l’élection de Jovenel, il y a un point sur lequel il faut s’attarder. Jovenel Moise est le premier président haïtien élu, qui, peu avant qu’il prête serment, fait l’objet des poursuites judiciaires. Reproché par la justice haïtienne pour le blanchiment des avoirs, Il prête serment quand même comme président. Quelle leçon faut -il en tirer ?

Si François Duvalier faisait l’objet des poursuites judiciaires en 1956, en 1957 il n’aurait pas pu être président. On a déjà souligné que Jovenel Moise est unique en ce sens.

En guise de piqûre de rappel, l’UCREF a déposé un ensemble de dossiers au cabinet d’instruction selon lesquels Jovenel Moise devrait être jugé pour blanchiment des avoirs. Le cabinet d’instruction, par l’entremise du juge Jeudi Fabien, a instruit le dossier. Après maintes instructions aux cours desquels on a entendu l’intéressé, le Juge Jeudi Fabien a finalement donné une ordonnance de non lieu à l’affaire. C’est – à-dire qu’il y a matière à poursuivre l’intéressé.

Pourtant, il prête serment comme président. Est – il coupable ou innocent ?

Si le dossier de Jovenel date de 2013, alors que la justice ne s’en est jamais prononcée , il y a là peut être un flou quand elle veut le poursuivre en tant que président élu, qui a fait campagne, qui était dans le pays. On comprend pourquoi certaines personnes qualifient le dossier comme une manœuvre politicienne voulant à pourfendre Jovenel Moise. Mais la question n’est pas là. Que vaut la justice haïtienne ?

La justice haïtienne témoigne depuis un certain nombre de temps son impuissance. Jusqu’à présent, elle n’est pas encore en mesure de donner justice à Jean Léopold Dominique, assassiné avec des balles assassines. Elle n’est pas encore en mesure de juger quelqu’un selon ses droits. Sous le regard de cette justice, un prisonnier peut passer 5 ans en prison sans être jugé.

La mission fondamentale de la justice est de rendre justice. Mais quand elle est faible, on l’exploite. Parce qu’elle n’est pas surtout en mesure d’assurer sa puissance.

Dans un régime démocratique, la justice est fondamentale. Car elle accorde aux citoyens une réelle égalité au destin. Alors que en Haïti, elle est le bras armé du pouvoir politique. C’est pourquoi aucun gouvernement ne garanti jamais l’établissement d’une justice neutre.

Peu importe la chose. Avec un président élu avec tout ce flot de scandales et une justice aussi impuissante , la république a fort à faire pour déceler qui a raison et qui a tort. L’histoire s’en chargera peut être. On se croise les doigts !

James Marc Donald ORPHÉE.

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