L`ironique Andris Riché fait ses adieux au théâtre politique haitien!

Il est vrai que les personnages politiques se renouvellent à chaque fois qu’il s’agit des élections; mais il y en a, de par leurs comportements, qui nous marquent pour toujours . Leurs comportements, dans l’arène politique, sont surtout liés à ce qu’ils disent et à ce qu’ils écrivent. Cependant, les personnages politiques qui ont la vie dure en politique pratiquent ce qu’on appelle L’ironie politique.
En général, certains acteurs politiques utilisent l’ironie politique pour masquer leurs dires , pour masquer la vraie signification de leurs paroles. En ce sens, il arrive qu’ils disent la vérité alors qu’on pensent qu’ils jouent.

D’autres personnages politiques utilisent l’ironie politique dans une dimension plutôt satirique. Ils empruntent cette méthode pour lancer critiques destinées à divertir en soulignant les contradictions.

Justin L’hérisson a déjà formulé une véritable mise en scène de l’ironie politique dans son livre La famille des pitit cailles . Il faisait parler l’un de ses personnages en ces termes :” La politique est un griyen dan”. C’est- à- dire un lieu de divertissement.

On comprend maintenant pourquoi les personnages politiques font de l’humour, de la blague pour attirer les gens au lieu de faire des mines sérieuses. Ce genre d’ironie est souvent vu dans les caricatures des candidats.
En Haïti, durant ces 10 dernières années, l’ironie politique a connu trois principaux maîtres : Jean Hector Anacacis , Michel Martelly, Andris Riché.

Michel Martelly est un chanteur. Il utilisait son ironie bien avant qu’il fasse son entrée en politique . On riait à son charme, alors qu’il utilisait ce moyen pour saper de manière ouverte le pouvoir de Jean Bertrand Aristide. Comme le souligne Catherine Kerbrat Orecchioni, ” Ironiser c’est disqualifier, railier, tourner en dérision”. On se souvient plus d’une blague, d’une ironie qu’une remarque édifiante et sérieuse.

C’est pourquoi qu’on se rappelle toujours de Jean Hector Anacacis et qu’on se plaigne, à certains égards, de la défaite d’ Andris Riché. Ce dernier a déjà suscité, de par le contraste de ses paroles, des sentiments très flatteurs. D’ailleurs, c’est ce à quoi il a fait sa fortune politique pour imposer son leadership.

Ici, on se souvient de cette fameuse phrase de Jean Hector Anacacis: “M kandida, madanm mwen pa vote m non !” Cette phrase, quoique prononcée de manière ironique, est utilisée pour cacher son blason électoral ou pour montrer les incohérences de la politique .

Les acteurs politiques haïtiens utilisent très peu l’ironie politique. En général, ils se présentent comme des gens sérieux pour être mieux visés par les spectateurs. Cette forme de rhétorique est peu utilisée .

” Yon ti kaka aran, boul chet…” sont autant d’expressions qu’on se rappelle d’Andris Riché. Par ces phrases, il a défrayé la chronique alors qu’on a oublié l’essentiel de l’actualité politique qui les a produites.
En échouant aux sénatoriales de la Grand ‘Anse, la scène politique haïtienne vient de perdre ( pour un certain temps peut être ), un ironique.” Nou pa vote m, m konn poukisa : Jalouzi. Lòt yo p ap pete bann santi ” a t-il lâché le lendemain des résultats des élections sénatoriales.
James Marc Donald ORPHÉE

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