Préservons Jean Monard Métellus et Liliane Pierre Paul des insanités de Martelly.

J’entends tirer la sonnette d’alarme sur une dégradation grave de la personnalité et de la dignité humaines en Haïti. Haïti a un certain vernis démocratique. Le vivre avec l’autre devait tisser en nous les moyens, le dialogue nous permettant de discuter sur nos contradictions, lesquelles sont inhérentes à la personne humaine . Mais, quand l’un attaque l’autre dans sa personnalité en vue de le scandaliser par rapport à sa position et son opinion politiques , cela devient inconcevable et doit interpeller nos sens d’agissements dans l’optique de contrecarrer à ces types d’attitudes stérilisantes qui nuisent au bon fonctionnement de notre corps social.

Le mois dernier, Michel Martelly, ancien président de la république d’Haïti, a annoncé à l’émission Chokarella (émission présentée par Carel Pedre sur les ondes de Radio One, 90.1 FM), qu’encore une fois il va s’en prendre à Liliane Pierre Paul, journaliste vedette de radio Kiskeya , présentatrice de l’émission ” Journal 4 è ” sur la dite radio. Le titre de la meringue , a t-il dit, s’appelle ” 2 ke nan bouda ti Lili”, faisant référence à son quinquennat et à celui de Jovenel! Plus d’un étaient décontenancés d’entendre la nouvelle. Alors que le journaliste-présentateur n’a pas lâché mot pour revendiquer la liberté d’expression attribuée par la constitution à quiconque qui entend faire passer ses opinions dans le cadre du respect de la loi. Même la presse a fait semblant de ne pas entendre la nouvelle . Cela froisse de constater à quel niveau vil est tombé notre corps social.

Aujourd’hui, la meringue vient de sortir sous un autre titre. Le saltimbanque aux paroles hideuses n’a pas manqué d’injurier la journaliste . Et il n’est pas à son premier coup. L’année dernière, ce même venimeux chanteur avait attaqué la journaliste dans une autre meringue. Cette attitude est constatée à chaque fois une femme lui tient tête, il attaque sa féminité . On se souvient des injures qu’il lançait à l’égard de la mère de Roberto, Jessie, en plein parcours de carnaval. En Juillet de l’année 2015, à Miragoâne, il a lâché des propos abjects à l’endroit d’une femme qui a eu l’audace de risposter par rapport à ses commentaires. Donc, c’est un fou qui ne peut pas résister à l’assaut des positions contraires. Dans cette même dynamique, il s’en prend à Jean Monard Métellus, présentateur de l’émission Ranmase et Intersection à radio Caraïbes , 94.5 FM, qu’il accuse de blanchir sa peau et d’être…!

Déjà le libre court de la meringue atteste la déchéance sociale à laquelle le pays est en butte. On a déjà fait le saut vers l’ineptie en votant cet homme comme président de la république, maintenant il dégrade ceux qui ont pris du temps pour construire leur dignité.

D’un autre côté, l’attaque est venue dans un contexte où une jeune fille vient d’être victime d’un viol collectif à Petionville. En prononçant des inepties sur la féminité de la journaliste, Michel Martelly ne fait que donner son appui favorable aux malfrats qui pensent que la femme a été créée pour être violée, maltraitée …

Comme beaucoup d’autres, je ne suis pas fan du type de journaliste est Liliane Pierre Paul. Je lui reproche fort souvent sa monotomie et ses jugements un peu penchés sur les bords. Mais, je la respecte parce qu’elle fait partie des journalistes qui ont resisté à la dictature contre productive de Jean Claude Duvalier pour donner à nous autres le droit ne pas être poursuivis pour nos opinions, le droit de placer nos commentaires dans les débats socio- politiques.. . Elle ne peut, ne doit devenir aujourd’hui la risée d’un ancien président qui a ses imperfections , qui a aussi son examen de conscience à faire.

Au nom de la constitution du pays et de la morale collective, tout haïtien conséquent doit crier haro sur cet acte malsain visant à détruire les personnalités des journalistes. Parce qu’il vise à réduire tout élan critique par rapport aux gesticulations et aux manipulations des hauts placés qui alimentent l’infernale machine de la misère du peuple.

Ce réflexe vise à jeter un discrédit sur quiconque touche du doigt la plaie qui gangrène le pays . C’est donc un accroc à la démocratie , aux sorts du peuple que les dirigeants n’arrivent pas à améliorer dans la glaise du réel.

Toujours est-il , la justice haïtienne est faible pour résoudre ces types de destruction . Il revient à tous les fils conséquents du pays de dénoncer avec acuité cet acte abject de la part de l’ancien président en lui rappelant qu’il reste, malgré la déchéance sociale à laquelle le pays est en butte , un peu de morale qu’il faut qu’on préserve dans la quête du redressement national.

James Marc Donald ORPHÉE

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