Affaire Guy Philippe : Mirlande Manigat interpelle le parlement!

Par Kenley Jean-Baptiste Haïti

À l’occasion d’une grande conférence organisée par des étudiants en philosophie et sciences politiques de l’Université d’Etat d’Haïti, à l’auditorium de l’IERAH/ISERSS, précisément sur le thème : ” Le traité d’extradition de 1997 entre Haïti et les États-Unis au regard de la constitution de 1987″, la communauté estudiantine a pu, le vendredi 17 février, s’accrocher à des explications diverses.

Mme Mirlande Manigat comme intervenante, face à une myriade d’étudiants, a su analyser, commenter et aussi proposer, à la lumière de différentes approches, tout en mettant en exergue le cas de Guy Philippe, le Sénateur élu, extradé le 5 Janvier 2017.

D’abord, au vue de Mme Mirlande Manigat, l’intérêt porté face à un sujet de la sorte peut être justifié à l’aide de plusieurs aspects. En fait, la première approche est circonstancielle; ensuite, au regard de la légalité de l’arrestation du Sénateur élu, la juridicité en tire sa part. En outre, puisqu’il a été appréhendé par des agents de la BLTS en vertu d’un traité bilatéral signé, cela ramène au droit constitutionnel qui engendre une nouvelle approche.

Au-delà de l’accord du 27 Octobre 1997, irrégulier pour Mme Mirlande Manigat, en vertu des signatures apposées par un Président et une Ministre des affaires étrangères, la constitution haïtienne de 1987, amendée le 9 Mai 2011, en ses articles 41 et 41.1, justifie la protection de tous les citoyens. Donc, en tant que citoyen haïtien, Guy Philippe, d’après Mme Manigat, aurait dû être sous la protection de l’Etat. Soulignant de plus l’utilité d’un mandat qui devait être émis au citoyen, elle a relaté la mise à l’écart de l’article 24.2 de la constitution par les autorités haïtiennes.

Pour Mme Mirlande H. Manigat, les responsabilités sont de taille; le procédé d’extradition devait impliquer le Ministre de la justice d’alors (Me Camille Jr Édouard) et le parquet entièrement; or, ces figures d’autorité s’échappaient de toute implication. Ce qui fait, au juste, la souveraineté nationale s’étend vers un idéal sur lequel on doit se fixer.

Entre 2002 et 2017, il est à noter qu’environ 80 personnes sont extradées, parmi lesquelles 40 Haïtiens dont un ancien Président de l’assemblée nationale. Or, Mme Manigat s’explique, si on lit entre les lignes l’accord, on peut justifier qu’il engage les trafics aériens et maritimes. En ce sens, l’intervention des forces étrangères sur le sol d’Haïti, c’est une insulte vis-à-vis de la souveraineté du pays.

Face à ce sujet complexe, comme constitutionnaliste,
Mme Mirlande Manigat ne fait qu’interpeller le parlement haïtien en sorte que les Députés et Sénateurs puissent questionner fermement l’accord d’extradition et le dénoncer avec force.
Elle a souligné, sur ce point, que le traité de 1915 a été rejeté par le parlement haïtien. Au fait, elle est d’avis que l’intervention du parlement dans ce dossier d’intérêt national , ce sera, comme elle le souhaite, un acte emblématique qui montrera que le parlement est à l’écoute des citoyens.

Kenley Jean-Baptiste Haïti
Jeune conférencier
Roikenley@gmail.com

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