L`ex président Réne Préval est mort. Que dit Michèle Bennett?

La mort subite de l’ancien président René Préval ne suscite pas trop de remarques sympathiques ni du côté des autorités de l’Etat ni du côté du peuple qu’il a dirigé pendant 10 ans : de 1996 à 2001 pour un premier mandant, de 2006 à 2011 pour un second mandat. Dans les rues et dans certains salons, le débat se fait beaucoup plus sur les raisons qui seraient à la base de la mort de l’ancien président que d’afficher une posture de deuil pour saluer son départ. Si les haïtiens s’inquiètent de leur disparition ou de la disparition d’un membre de leur famille, leurs mots sympathiques à l’égard de celles des autres se font de plus en plus rares.




Dans la logique de cette passion de l’indifférence, on a oublié Ti bato, qui, de part ses blagues, faisait trembler les dents. Mêmes les médias ont oublié la date de son enterrement pour s’intéresser à la retransmission du match opposant l’équipe du Fc Barcelone à celle du Paris Saint Germain. Ce sentiment qui pense que l’autre doit endurer tout seul ses douleurs et ses fardeaux est une marque fabriquée en Haïti. D’abord, il vient des autorités du pays qui ne font presque rien pour pallier aux sorts des oubliés, pour retirer le pays de son surplace et de son marasme à tous les égards. Mais, comment peut-on sanctionner quelqu’un même après sa mort?

Dans le cas de l’ancien président Préval, il s’affiche une volonté manifeste de le sanctionner pour le discutable maigre bilan de ses mandats. Alors qu’au-delà de la dimension du chef d’ÉTAT qu’il était, il y a sa personne. Et c’est elle qui a disparu. Chef d’ÉTAT, il ne l’était plus, aujourd’hui l’homme qu’il était vient de s’affacer. Au-delà de toute mesure, les gens partent souvent comme ils ont vécu, avec tout ce qu’ils symbolisent et évoquent dans la trivialité des jours et du réel.

L’ancien président Préval ne serait pas indigné de cette indifférence qui se répand sur sa disparition s’il avait la possibilité du retour. Il savait bien que l’épilogue peut absoudre les épisodes. Il n’en serait pas surpris. C’est sans doute dans cette logique-là qu’il a puisé la capacité de faire face à ses nombreuses contradictions et qui lui a permis de gérer ses désillusions. Peu importe la chose. Par devant la mort d’un homme, il est un rituel familier de se rassembler pour dire, présenter, tous comptes faits, la vie ayant otée, le bien qu’il fit et l’homme qu’il fut. Or, l’ancien président Préval a incarné, à travers plusieurs décennies, plusieurs séquences de la vie nationale comme ancien premier ministre, ancien président de la république…




Si la personne qu’il était s’en va, il n’en demeure pas moins qu’il reste sa famille, laquelle a besoin de vives sympathies pour atténuer les effets de sa détresse. Cependant, on ne fait qu’utiliser la mort de l’ancien président pour régler ses querelles idéologiques et de chapelle. Dans cette dynamique, le silence de Michelle Benett, ex première dame de la république se fait sentir. Armée d’une lance, elle commente, au jour le jour, l’actualité haïtienne. Disait- elle que les première dames ont toujours des points communs. Pourquoi n’envoie t-elle pas encore ses mots de condoléances à Elisabeth Préval ( la femme de l’ancien président Préval) pour pallier aux effets de sa détresse ?

On rappelle que Michelle Benett a déjà volé au secours de madame Martine Moïse (la femme du président Jovenel Moïse), lorqu’on critiquait sa tenue. Affligée par la disparition de son mari, elle aurait pu faire la même chose pour Elizabeth Préval, qui, elle aussi, est une ancienne première dame. Mais, il s’agit d’écrire pour alimenter les tensions, pour masquer les abus du régime Duvalieriste, pour perdurer la logique du clanisme politique qui sévit dans le pays. Puisque son ancien mari n’a pas eu de funérailles nationales, elle prend donc sa revanche.

James Marc Donald ORPHÉE

One thought on “L`ex président Réne Préval est mort. Que dit Michèle Bennett?

  • March 11, 2017 at 4:19 pm
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    Je dédie ces quelques vers libres à celui que j’ai appris à appeler de son vivant ’ Le Barbu Taciturne de Marmelade’, sans trop savoir comment et que j’appelle mort « Le Géant Éloquent Barbu de Marmelade » sachant pourquoi. J’admirais seulement sa sérénité personnelle concrète affublée d’une candeur politique presque primitive au sein de nos grands malheurs socioéconomiques endémiques.

    Maintenant le petit géant barbu de Marmelade est parti
    Laissant derrière lui et sur le banc arrière une Haïti encore mal partie.
    Je l’imagine en fraternité avec ses proches prédécesseurs déchus
    Qui s’en étaient allés avant lui agrandir le royaume des déçus
    Se donnant une accolade que les disgrâces politiques empêchaient de leur vivant.
    Armé de son large sourire proverbial qui souvent fendait son visage en deux.
    À Dumarsais Estimé, j’imagine le barbu grisonnant disant« Ô mon estimable Estimé,
    Quel Dieu vous a inventé pour vous inventer superbe et humble à la fois »
    À François Duvalier, il dirait « j’ai compris votre zèle de justicier populaire,
    Quoique j’exécrasse les mécanismes mis en branle par vous pour paver la route ».
    À Jean-Claude Duvalier, et vous fiston accablé sous le poids
    D’une politique perfide, je ne pouvais pas vous donner la main
    Mais, tout comme vous, j’ai laissé des lambeaux de mon cœur déchiré
    Sur le tapis des mésententes fortuites au sein d’une même bataille stérile
    Et, malgré nos efforts, la merde est restée la même, le malheur toujours debout.
    Les vicieux, les ingrats, les hypocrites, les apatrides, les profiteurs et les mercenaires,
    Qu’ils soient locaux ou d’ailleurs ont piétiné nos rêves des plus monumentaux.
    Ils ont tous pris prérogative et tiré vanité de nos faiblesses pour la cause commune.
    Et nous voici aujourd’hui agrandissant le royaume des exaltés dans la mort
    Nous, qu’on accablait tour à tour d’injures immérités et de basses flatteries
    Et qu’on tuait à compte-gouttes d’une mort auréolée de feux d’artifices blafards.
    Jetés désormais dans la fausse commune des héros sacrifiés par la bêtise glorifiée
    Nous voici réunis seuls dans la mort n’ayant à nous rien que l’éternité de Dieu.
    Peut-être que l’immortalité historique saurait nous amnistier de notre bien tourné en mal.

    Ernst Delma 3/11/2017

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