Lettre de condoléances à Mme Elisabeth Préval, veuve de l’ex président René Préval

par Marc Donald Orphée
Port- au-Prince, samedi 11 mars 2017  (haitireyel.com).- Lettre de condoléances à madame Elisabeth Préval, veuve de  l’ancien président René Préval
Chère madame,
J’ai appris avec le cœur endolori la disparition de votre mari.  Je tiens à vous adresser, ainsi qu’à tous les proches du défunt et l’ensemble du peuple haïtien,  mes condoléances émues.  Haïti a perdu un grand homme.
L’ancien président avait 74 ans,   on devait le croire très fatigué. Pourtant,  il se démenait encore avec quelques  petits projets dans l’optique de contribuer au rehaussement du pays.




L’ancien président Préval n’a jamais cédé au moindre découragement , malgré la menace des circonstances,  pour essayer de faire du bien pour le pays.  Il évaluait les contraintes , maîtrisait les événements pour surgir des instants de progrès.
Je ne vous apprends donc rien  de sa personnalité et l’oeuvre qu’il a accomplie . Il ne s’agit  non plus d’épiloguer sur ses réalisations géniales :  Elles parlent d’elles mêmes.   Mais je voudrais,  attirer l’attention  sur sa volonté inaltérable de changer le pays  pour enfin dégager le caractère constructif et salutaire de son passage à la tête de la magistrature suprême de l’État d’Haïti.
Porté au pouvoir en 1996 pour un premier mandat,  il avait la claire vision de la responsabilité qui l’incombait. Ballotté par les événements,  il ne tardait pas à renverser la vapeur pour s’imposer comme un véritable stratège politique . Au carrefour des mouvements antagonistes, il a usé la souplesse pour calmer les tensions en suscitant des consciences individuelles pour sortir le pays de son marasme.  Dans un climat politique controversé , la furie des masses contre les inégalités sociales, en face de  l’inconscience des élites, il a tenté d’explorer la résilience pour que le pays ait pu échapper à la servitude,  à la violence et à la famine et pour mieux étayer ses promesses.   Selon des ministres et des directeurs généraux de sa première gouvernance, jamais il n’a tenté d’imposer sa vision comme vérité de salut .  C’est un profil rare de la politique haïtienne.




Votre mari a été le bien aimé du peuple.  Pour justifier son premier mandat,  il lui donnera,  malgré la situation politique explosive,  un second mandat. Lequel a été différent du premier.  Au delà des contingences politiques, le pays a failli tomber sous le coup d’un dévastateur tremblement de terre en 2010. Comme oeuvre de sauvetage,  il ranimé les esprits pour faire face à cette épreuve en entamant des chantiers de reconstruction.  Les historiens écriront des volumes de livres sur ce moment tragique et tenteront de dégager le rôle historique qu’il a joué face à ce drame national pour empêcher au pays de s’engloutir.
En partant pour l’orient l’éternel,  c’est donc un  astre  qui entre debout dans l’histoire.  Le  nostalgique sentiment de l’avoir perdu ne doit pas  absorber le bonheur de  l’avoir eu comme président.
Chère madame,  ne vous laissez point succomber par la nostalgie de cette disparition .  Car, ce que votre mari était n’a pas disparu avec lui.
C’est dans cette pensée je dépose l’expression de ma plus profonde vénération à vous même,  la veuve explorée,  à toute la famille consternée , aux politiciens endeuillés , mes pleurs et mes condoléances émues.
James Marc Donald ORPHÉE

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