La mort du collectif en Haïti! par Marc Donald Orphée

Le professeur Pierre Buteau clame toujours cette remarque suggestive : L’être collectif n’existe pas en Haïti . Selon lui ou selon l’auteur dont il se fait le porte parole, il n’existe que l’être individuel en Haïti. Cette remarque est édifiante parce qu’elle peut nous amener à comprendre la complexité haïtienne en fonction de cette différenciation : Être Collectif et Être individuel.

La question paraît toutefois plus scabreuse quand elle touche même l’élite intellectuelle. Et la faiblesse institutionnelle et la  déchéance sociale  auxquelles le pays est en butte sont dues à cela. C’est- à- dire que nous vivons dans un pays où le rôle d’orientation sociale n’est  pas  défini en fonction d’une conscience claire, parce que l’individu a toujours tendance à se cramponner à la limite de son ego. Pourquoi Firmin, Delorme, Janvier, Marc Bazin, Gérard Pierre Charles, Dany Laferrière ont brillé à l’échelle internationale et ont fait fiasco en Haïti ?




Le rôle de l’élite intellectuelle est de se monter à la hauteur des exigences en donnant le signal à prendre en vue d’un possible redressement social. Faudrait-il ajouter que jusqu’ici , de ce rôle, la nation haïtienne n’a fort peu tiré de bénéfice tangible dans le cadre du développement global. En fait, aucune classe sociale haïtienne n’échappe de ce constat. Jean Price Mars a toujours dénoncé avec acuité le caractère ” cynique de ” l’élite économique” du pays , qui n’a rien fait, rien créé de préalable possible au développement du pays. C’est une classe qui se confine  à la  logique de l’offre et de la demande. Il n’ y a pas de quartiers bourgeois en Haïti, il n’ y pas d’Hôpitaux bourgeois en Haïti…

Alors qu’ils envoient leurs fils et filles étudier à l’étranger; et, eux- mêmes, vont prendre des soins de santé aussi à l’étranger. L’idée d’envoyer leurs enfants étudier à l’étranger correspond bien à leurs formules de créer de grosses individualités par rapport à la société. C’est pourquoi qu’on constate autant de voitures sans des routes adéquates, autant de grandes maisons construites sur l’environnement de l’insalubrité… C’est une mentalité moribonde , qui préfère voir Haïti sombrer dans la crasse et dans le désespoir continuel.

Reste enfin la masse , qui, est    elle-même, est le corollaire de cet état d’hébétude. La masse haïtienne ne fonctionne qu’en fonction des desseins de ces autres classes. De nos jours, on vote pour de l’argent. Ça importe peu de prendre 1000 gourdes entre les mains d’un candidat, même si celui-ci est le plus détesté de sa localité, même s’il n’est pas non plus le plus apte à occuper la fonction à laquelle il aspire pour un vote . Dans les transports en commun, ça importe peu de fumer pendant qu’on nuit tout le monde, pourvu que l’autre satisfasse son instinct.




Une école ne peut pas fonctionner parce qu’une église qui lui environne le lui empêche. On fume, on écoute la musique qui vous dérange. La mort de l’autre n’est rien s’il n’est pas un proche.  C’est véritablement la mort du collectif en Haïti . Dans la mesure où l’haïtien n’est pas le générique de l’haïtien.

Marc Donald Orphée

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