”La table de la valeur est renversée en Haiti!” Par Daniel GRÉGOIRE, normalien philosophe

Nous n’avons presque aucun modèle, tant d’action que de personnalité, du moins ce que nous avons comme tel s’éloigne loin de la vie publique bien peut-être parce que ce qu’ils sont est conçu comme anomalie des présentes lois regissant notre société. La compétence est piétinée même au sein de ceux qui en sont gardiens: à l’université, spécifiquement à l’UEH, les dirigeants sont devenus conservateurs-profiteurs, et les étudiants, militants-arnachistes.




On ne peut certainement pas dire mieux pour les autres universités lorsque nous nous rappelons que l’UEH soit le principal garant du secteur. Par ailleurs, ceux qui luttent à conserver une part d’honnêteté et d’intégrité se font appelés ”egare”, ”sòt”. L’intelligence du vol, l’escroquerie, la diffamation sont devenues nos principales valeurs sociétales. Après avoir été renversée, la table de la valeur est aussi écrasée comme si elle ne valait rien lorsqu’elle était encore debout. Cela n’a donc soulevé aucune clameur publique.

Ou est donc notre modèle? Ou est-ce qu’on va définitivement ? Qui nous apprendra des notion comme ”bonté, vérité, intégrité, justice, honnêteté” etc? Qui pense l’avenir? Nous la jeunesse, nous sommes livrés à nous-même, sans modèle ni guide ni référence. Si la gérontocratie a été lassablement considérée comme un régime réactionnaire, concervateur et bureaucrate, aujourd’hui elle est d’autant plus une perversion incarnée et la destruction de toute une jeunesse déjà moribonde sous les coups de poignards des leaders-conzé. ”Nous mourrons tous!” cette célèbre phrase, de Jacques Roumain, est à son terme prophétique.

Personne ne peut illusionner avoir vu l’espoir voire à dire sincèrement, dans sa conscience, qu il y a l’espoir. Tout ce qui nous restait de prestigieux, est couverts de honte, la présidence, le sénat, les dépités, la CSC/CA, la cours de cassation, cette dernière lui-même semble n’avoir jamais existé. Ce sont les mots ”honnêteté, intégrité et compétence” qui semblent rédhibitoirement ne pas convenir aux institutions et personnalités haitiennes. Que pouvons nous donc, nous la jeunesse? Devrions-nous continuer à compter sur l’intelligence fatale de nos ”voleurs d’avenir”?




Devrions-nous laisser notre avenir d’entre les mains de ceux qui ignorent même les notions élémentaires comme les chiffres romains ou d’entre celles de ceux qui ne savent pas prononcer B+A? La table de la valeur est misérablement renversée en Haïti, et cela n’a pas frôlé l’inquiétude de moins d’un. Quelle est la génération qui sauvera Haïti? Il y a là une question assez difficile à répondre, mais, de l’avis de tous, ce n’est pas cette génération qui détient présentement les rênes de la politique du Pays.

Daniel GRÉGOIRE,
Normalien Philosophe, CG de Sos-Démocratie Haïti

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