À l’OEA, Haïti : Entre le Cœur et la Raison!

En 1962, on a cautionné l’éjection de Cuba à l’OEA, et puis quelques dizaines d’années après, il devint et est encore l’un de nos plus fidèles amis et partenaires au point de nous pourvoir en bonne part les meilleurs cadres de nos centres médicaux. Toutes fautes sont réparables, mais la récurrence des erreurs est punissable. De ce fait, 1962 a été la date marquante d’une faute commise envers Cuba, par contre, en 2017 l’erreur à l’égard de Venezuela doit être esquivée. En conséquence, advienne que pourra, Haïti fait cause commune la trémeur de son frère loyal, menacé de suspension à l’OEA, envers qui ses redevances touchent aux maxima.




Face à un dilemme subvenu une fois de plus par l’itération de l’histoire, Haïti s’assume par un « NON », ce qui nous rappelle l’ère d’un Firmin coriace aux menaces et aux commandements, quels qu’ils furent exigeants, du Suprême de l’Amérique entre 1888 et 1889; tel s’acharnait à vouloir s’emparer de Môle Saint-Nicolas. Ce « NON » qui semble pour plus d’un compromettant en raison de ce qu’il pourra incomber comme étant châtiable et répréhensible, quel que puisse être le frais, reste et demeure résolument héroïque. Cependant, cette position de bravoure, même ayant dessiné le campement d’une diplomatie haïtienne à plein entrain, risque de nous coûter sanctions et de quoi davantage. On se dit dès à présent au sein de l’OEA « finie la diplomatie sombre et éclipsée par luminescence de celle dont les puissants font cas ».

Telle a été pendant longtemps le label que portait Haïti. Outre que notre assujettissement à la suprématie de l’Amérique d’exécuter servilement ses injonctions à l’Organisation des Etats Américains (OEA), souffrons que cette imminence décisionnelle et historique qui nous claqua la porte n’est que la partie émergée de l’Iceberg puisqu’Haïti est encore en proie aux caprices géopolitiques des Titans de l’Europe et de l’Amérique. Entretemps, il est question de s’attentionner au devenir de nos 4 000 compatriotes en situation d’irrégularités aux Etats-Unis, de plus sont guettés par des menaces de rapatriement, sans compter la vanne des dizaines de milliers de prisonniers haïtiens en terre américaine qui, par déportation anticipée, ne tardent guère à nous inonder. Soulignons que pour un futur proche,




Il y a de quoi à craindre. Il est, de surcroit, à ajouter que notre prochain budget pour l’année fiscale 2017-2018 ne saura se décider uniquement à l’angle des perceptions de notre assiette fiscale. En effet, l’apport des Etats-Unis et de celui de son fidèle allié le Canada devraient y compter gros. Sera-t-il certain qu’ils ne changeront pas d’avis en ce qui concerne leurs contributions ? De ce qui est de notre sort dans les instants à venir, qu’en peut-on espérer ? Prétend-t-on prêcher le pessimisme ? Loin de là.

Cependant, on est en droit de s’interroger, compte tenu de nos faiblesses institutionnelles. De quelles mesures palliatives s’armera l’administration en œuvre en cas d’une éventuelle réponse à notre position à l’OEA ? En définitive, peu importe que le sens de curiosité et d’anticipation de nos dirigeants soit manifeste ou intact, il est à croire, pourvu qu’il s’agit de positionnement diplomatique et /ou géopolitique, il y aura certainement des répliques.

Buder Brillant Diplomatie et relations Internationales Sciences Juridiques Stagiaire à l’ONU LOIH, OAA

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