Méfiance des parents par rapport aux institutions scolaires

MEFIANCE DES PARENTS PAR RAPPORT AUX INSTITUTIONS SCOLAIRES
La famille, l’école et l’église, trois institutions selon la sociologie classique, chargées de l’intégration de l’individu dans la société, par le processus de l’éducation ou de socialisation. Il s’avère que, de nos jours, il y a un certain parallélisme entre l’éducation transmise dans la famille, l’éducation religieuse (par exemple: le catéchisme) et l’enseignement scolaire, quant aux conditions d’apprentissage tout au moins, à entendre des parents qui s’en plaignent. Il importe de s’intéresser, dès lors, à leurs préoccupations, pour ensuite en retirer le problème, juste avant d’apporter une proposition de solution, tout en nous accentuant sur la famille et l’école par rapport à l’individu.




Les parents désireux d’inculquer à leurs enfants de base morale, pouvant leur permettre de mieux s’intégrer dans la société, et même y occuper un rôle et un statut, prennent souvent le soin de les emmener à l’école et/ou à l’église. En effet, ils pensent que pour que leurs enfants puissent devenir de grands avocats, ingénieurs, médecins, et même parvenir à occuper les plus hautes fonctions de l’État (étant donné que ce n’est plus le cas en Haïti) de manière à se faire un nom dans la société, l’éducation s’avère être primordiale. Par conséquent, à la construction d’un même individu une institution ne devrait pas entraver le travail de l’autre. Par exemple, le parent désireux de voir son enfant devenir un médecin, ne devrait pas s’inquiéter des conditions d’apprentissage dans lesquelles l’enfant reçoit une instruction à l’école, qui (école) devrait contribuer à la réalisation de ce même but.
On peut comprendre que le but des parents ce n’est pas que leurs enfants soient des déviants, mais plutôt des utiles à la société.
Cependant, il arrive que lorsque les parents inculquent aux enfants des notions morales à la maison, ces derniers reviennent de l’école avec des propos, voire même des comportements allant à l’encontre de ces notions morales. Ce qui permet à certains parents d’en déduire que l’école à un certain niveau, peut-être un facteur de déviance pour leurs enfants.
Est-ce l’école en tant qu’institution qui est le problème; ou du moins, est-ce le rapport de l’enfant avec d’autres enfants aux établissements scolaires qui engendre ce problème?




Dans un premier temps, on pourrait dire que c’est le rapport des enfants entre eux, selon leurs milieux sociaux et même l’éducation familiale-religieuse, qui favorise cette déviance.  Néanmoins, quand l’institution scolaire n’intervient pas assez ou pas du tout, dans leur rapport, ça peut aggraver le problème en question. Ce qui nous amène à dire que, dans un second temps, l’institution scolaire peut-être un facteur de déviance dans la mesure où, quand elle se laisse influencer par les comportements de certains jeunes, jusqu’à saper leur réputation (on parle ainsi des écoles “chawa”), quand les directeurs sont cupides au point de laisser déborder les jeunes, afin de se faire une meilleure bourse. Or, cela devrait être le contraire. C’est plutôt l’école qui devrait influencer les jeunes, de manière à améliorer leurs comportements. En ce sens, ce laisser-faire des directeurs, corrompt en quelque sorte l’image de ces institutions scolaires. D’où la méfiance des parents par rapport à certaines écoles.
L’éducation de l’enfant nécessitant l’apport des institutions, se paralyse quand les notions morales apprises à la maison sont entravées par d’autres acquises aux établissements scolaires. De plus, les parents ne peuvent choisir de ne plus emmener leurs enfants à l’école. Que faire alors?
L’éducation relevant de la fonction régalienne de l’État, doit-être  à un certain niveau, réglementée par l’État, via le Ministère de l’Education Nationale. Ainsi, l’État doit exercer un contrôle aur ces écoles, de manière à ce qu’il n’y a pas de creuset entre le but des parents pour l’enfant et les conditions d’apprentissage à l’école, souvent négligées par les prétendus responsables. En effet, la prolifération des écoles bidons, médiocres, constituent de grands problèmes dans le cadre de la socialisation ou de l’éducation de l’individu. En ce sens, l’État pourrait entamer une politique de contrôle en instituant dans chaque commune des bureaux du ministère, pour inspecter chaque école de cette commune. Ensuite, l’État pourrait structurer les institutions scolaires de l’État, à savoir les lycées et écoles nationales, et d’en établir davantage.




Enfin de compte, dans un pays comme Haïti, on ne peut se permettre de négliger ce qu’on a comme dernier rempart, à savoir l’éducation de la jeunesse, appelée à diriger le pays à l’avenir. De plus, en panne de ressources humaines, nous devons nous intéresser davantage sur les conditions dont les enfants apprennent à l’école, telles conditions qui peuvent constituer des entraves au but visé des parents pour leurs enfants. Toutefois, ce problème de déviance n’est pas seulement d’ordre scolaire, car certains prêtres et pasteurs par rapport à leurs positions de confiance, abusent de nos jeunes filles et jeunes gens à l’église. L’État doit-il aussi y intervenir ?
Statler LUCZAMA
Étudiant à la Faculté de Droit et des Sciences Économiques de Port-au-Prince
@LOIH/CEEH

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