Problématique de l’intégration des Universitaires dans la Fonction Publique et le Secteur Privé

Le Symposium de la Pastorale Universitaire, tenu en date du 11 et 12 du mois en cours à l’auditorium de l’ONA, se déroulait, et de fait comme toujours, sous les chapeaux de roue devant un auditoire select servi par des panelistes selects. Trois panels ont ponctué ce grand évènement, dont un de 9h AM à 1 heures PM, un second de 1 heure PM à 5 heures PM suivi de travaux en atelier et un dernier, couronné par une cérémonie de remise de primes, de plaques d’honneur et de compte rendu de travaux en atelier le jour suivant, soit le dimanche 12 juin de 9 heures AM à 3 heures PM.




 Le Révérend Père Frantzy PETIT-HOMME, Directeur de la Pastorale, a, dans ses propos introductifs, situé l’importance qu’il accorde à un tel évènement ainsi que sa peine face au chômage massif des jeunes diplômés haïtiens. Il a poursuivi son allocution en soulignant à l’attention de l’assistance l’objectif véritable du symposium : situer la problématique du chômage de nos diplômés. L’apport de la Pastorale, a-t-il poursuivi, se limite à ce seul niveau. Il appartient aux responsables des décisions d’assumer leur responsabilité en termes de suivi.
L’allocution du Coordonnateur Général de la Pastorale Universitaire, Politologue Michelet DEZULME, fait immédiatement suite à celle du Révérend Père. Le point fort de son discours fut surtout sa contextualisation de l’évènement. Ce dernier, a-t-il fait comprendre, vient à point nommé ; eu égard au contexte de revendication de jeunes universitaires de l’UEH allant dans le sens de leur placement dans la fonction publique et le secteur privé. Politique DEZULME a souligné la nécessité de la refonte, voire la professionnalisation des cursus de nos universités non adaptés à la demande du marché et l’impérativité pour elles de se mettre à la hauteur de ces grands défis. Tout de suite après il a déclaré ouvert le symposium. Professeur Jean Rhodner ORISMA, maître de Cérémonie, déclinait à l’assistance l’identité des panelistes.
 Le Vice-Recteur aux Affaires Académiques de l’UEH, nouvellement élu mais pas encore entré en fonction à l’époque, Hérold TOUSSAINT, intervenait en premier. Son humanisme, son socialisme transpiraient dans son discours. L’approche du Professeur TOUSSAINT fut hautement philosophique. Le point fort de son intervention fut là où il a présenté sa conception de l’université qu’il a campée comme un lieu de brassage social, c’est-à-dire accessible à tous au-delà des différences de classes, de couleur et de conditions socio-économiques.




Le Professeur Fritz DORVILIER, consultant au Ministère de la Planification, intervenait au nom dudit ministère. Son approche de la problématique en discussion fut une approche libérale. Il ne passait pas par quatre chemins. L’État moderne, a-t-il martelé, de par son statut de régulateur, ne peut pas se convertir en rôle de pourvoyeur, rôle qui, d’après le Professeur, n’est pas celui de l’État moderne mais plutôt de l’État providence qui est un modèle d’état révolu, anachronique et dépassé.
Le représentant de l’ONMRH, en l’occurrence M. VERDIER a intervenu en dernier dans ce premier panel du premier jour du symposium. Son approche fut très technique. Il se vante d’avoir octroyé 11 stages à des finissants de l’enseignement supérieur et nous nous en passons.
Le Professeur LOUIS Josué, chargé de faire la synthèse des différentes interventions des panelistes, s’en est acquitté avec brio. Il fut très applaudi par l’assistance surtout dans la partie de son intervention où il a souligné le caractère ponctuel de la question de chômage des jeunes diplômés dans le contexte haïtien. Ce problème, a-t-il martelé, n’en déplaise aux tenants du systémisme, appelle des réponses ponctuelles, sous peine de conséquences imprévisibles.
Les activités se sont poursuivies dans l’après-midi du samedi 11 du mois de juin à 1 heure. Madame Jean Henry CEANT, épouse de l’ancien candidat malheureux aux élections présidentielles de 2011 et de 2016. Madame CEANT, fut très applaudie pour son approche normative et juridique de la question. Texte ou article constitutionnel à l’appui, notamment l’article de notre Constitution érigeant notre pays en République Coopérative, elle a martelé que le travail n’est pas un luxe encore moins une faveur, mais un droit imprescriptible consigné dans notre Constitution du 29 mars 1987 amendée.




  Les autres approches ont eu pour point commun leur caractère pragmatique, voire autobiographique. Le vécu et le succès des autres intervenants en matière entrepreneuriale furent au centre de leurs exposés, à l’instar de député Jerry TARDIEU se vantant de ses prouesses managériales notamment dans le cas de l’hôtel OASIS. L’Ingénieur Jean Lucien LIGONDE, PDG de CHRAD, en a fait autant. Il s’est enorgueilli du succès de sa firme dont la percée sur le marché international des chaussures n’est plus à démontrer.
La moralité de tout cela c’était de camper l’entrepreneuriat comme alternative fiable et crédible face à la problématique de l’emploi. C’était, en un mot, de faire des gens l’artisan de leur propre emploi face au fossé entre demande et offre d’emploi. Soit ! Mais qu’en est-il des capitaux nécessaires à cette fin, dont plus particulièrement le crédit ?  L’auditoire va devoir attendre le jour suivant pour avoir une réponse tout à fait peu rassurante là-dessus par le paneliste Eddy Nicolas LABOSSIERE, Docteur en finances. Le pessimisme caractérisant l’approche du professeur LABOSSIERE transpire, mais à travers des approches différentes, dans l’intervention des autres panelistes. Le Docteur Fritz Gérard CHERY, par exemple, brandissant la caractéristique d’économie de consommation et non pas de transformation de l’économie haïtienne, estime que la dite caractéristique voue cette dernière à l’incapacité de création d’emplois, si ce n’est que de résorption du chômage. L’approche de docteur CHERY complète la première approche, celle très généraliste du Sociologue Robenson EDOUARD.
L’économiste Kesner PHAREL dit Roro Pharel, réputé pour son culte des chiffres ou des statistiques, a gratifié l’auditoire d’une approche expositive sur fond d’études de cas et d’études comparatives pour ensuite enfourcher son pessimisme concernant l’économie haïtienne notamment en ce qui a trait à la question de l’emploi des diplômés haïtiens.
Le Sociologue Ely THELOT, représentant du Ministère des Affaires Sociales, a mis de la cerise sur le gâteau par son approche intégrée de la problématique de l’emploi des diplômés en Haïti. L’auditoire a eu droit à des informations concernant les nouveaux cadres, dont le cadre interministériel, privilégiés par le pouvoir pour affronter la question de chômage. La refonte de notre code du travail, a fait comprendre monsieur THELOT, est en cours et envisagé dans ce même ordre d’idées.
 Professeur Josué LOUIS, encore lui dans son rôle de synthétiseur et de catalyseur, a déploré l’abstraction faite des aspects ponctuel et idiosyncratique en ce qui concerne la problématique à l’étude.
Immédiatement après la mise au point du Professeur, des rapporteurs de différents groupes de travail en atelier se bousculent sur l’estrade de l’auditorium de l’ONA, théâtre du symposium, pour partager avec l’auditoire la conclusion de leurs séances de réflexions en atelier. Par-delà les nuances qui différencient les différentes présentations, deux concepts clés s’y dégagent : mobilité et employabilité. Les propos du Politologue Michelet DEZULME, dans lesquels il a effleuré la nécessité de refonte et de professionnalisation des cursus – forcent, dans cette perspective, l’adhésion. Sans une réforme en profondeur desdits cursus, sans une politique de capitalisation du savoir ou de l’enseignement supérieur, voire l’enseignement tout court, la formation ou la préparation de nos jeunes à cette mobilité et cette employabilité ne va pas pouvoir se faire et ces deux concepts ne pourront pas être opératoires. Des activités de ce genre sont un impératif pour la société haïtienne. Elles doivent être encouragées par tous les moyens, y compris les moyens financiers. Quoiqu’il en soit, le symposium a été un succès au-delà de toute espérance. Il a fourni aux jeunes des outils conceptuels, comme ceux relatifs à la mobilité et l’employabilité, pour adresser la problématique de l’emploi des diplômés dans le contexte haïtien.
Production du Politologue Michelet DEZULME,
Coordonnateur Général de la Pastorale Universitaire
Tels : (509) 3658 55 04 / 4366 10 58

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *