Remise en question du manque de caractère académique de la musique haïtienne!

Par Rhodner J. Orisma

Soutenance à l’IERAH : Remise en question du manque de caractère académique de la Musique haïtienne!

Lundi 10 avril 2017, Orso A. Dorélus (2012-2016) a soutenu son mémoire en Histoire de l’Art et Archéologie de l’Institut d’Etudes et de Recherches Africaines d’Haïti (Ierah-Iserss), UEH. Plus d’un ont jugé bon d’être présents pour être passionnément comptés dans une assistance évaluée à plus d’une soixantaine d’étudiants/es, ami/es et parents.




Le jury était constitué des professeurs Kesler Bien-Aimé (président), Marc Désir (encadreur) et Monette Alcin (lectrice-critique). C’est évident c’est Orso, un bon ami de l’homme ou de tous/tes les étudiants/es de l’Institut en général. Moi personnellement, je l’ai toujours appelé le magicien de l’espace. Orso a entraîné toute une gamme de visiteurs/ses à l’auditorium de l’Institut sur le thème: Le corpus musical de Richard Jean Hérard: entre engagement socio-politique et dimension esthétique (2008-2016). La recette était bonne. Il a campé son “Richie comme un dieu,” disait K. Bien-Aimé, le président du jury. C’était ce dont les fanatiques avaient besoin pour se contenter, cependant les scientifiques ont cherché autrement. De pertinentes questions ont été posées au jeune impétrant pour voir ce qu’il a dans sa “research kit.”

Cependant, il a su répondre avec une certaine précision aux questions de la professeur M. Alcin, lectrice-critique. Les volets de ces questions relèvent de la différence entre les musiques compas et folkloriques, entre le profane et le sacré, etc. Pour se retirer, l’étudiant a du faire sortir des placards du courant Indigénisme et de l’histoire de la musique spectacle en Haïti les controverses dont la musique Compas Direct était en bute à son développement au cours de la deuxième moitié du 20e siècle. Cette musique a été vue comme une tentative de détruire le rythme folklorique ou traditionnel. Donc, cela n’a pas empêché au Compas de faire son chemin. Aujourd’hui, le Compas est joué partout et même imité dans les DOM Français par Kasav, le “Zouk Machine,” etc. Ainsi, la lectrice-critique a rappelé, “Ce ne sont pas seulement les gens qui doivent voyager, les notes le doivent aussi.”




Cette approche de la professeure Alcin peut être considérée comme la pierre angulaire de ce bref compte rendu. Elle indique la problématique du manque de caractère académique de notre tendance musicale et exige une école de musique adéquate enseignant les rythmes du pays ou les notes y relatives. Finalement, il est compris que Orso a réalisé son mémoire sans le support méthodologique adéquat incluant les instruments dont il avait besoin pour accéder facilement aux informations.

En effet, son département enseignant l’Histoire de l’Art et Archéologie n’a pas même un médiathèque dans lequel les étudiants/es peuvent se documenter sur les différentes musiques haïtiennes ou autres. Les étudiants/es ont réussi parce qu’ils ont confiance dans leur avenir et celui du pays, mais non pas parce que le système les a vraiment favorisés. Ce n’est pas seulement le département que Orso a fréquenté qui a ce problème, mais aussi tous les 4 autres de l’Institut.

Pas de laboratoire de géographie par exemple, pas de sorties pédagogiques qui répondent au rythme dont les professeurs ont besoin, etc. Peut-on ensuite ajouter à cette liste, des professeurs mal rémunérés qui font d’énormes efforts en vue de superviser les travaux de recherches des finissants/es. Orso a eu une Mention “Très Bien”. Alors, il est en train de quitter la porte de l’Institut tout en laissant ses camarades et nous autres dans l’idée de trouver une meilleure alternative académique.




Que tout l’Institut s’unisse contre toute forme de division pour une équipe plus dynamique, pour aller de l’avant et pour un changement progressif.

Rhodner J. Orisma
Chef de departement de Phi et Sce Po IERAH-ISERSS, UEH Avril 11, 2017

2 thoughts on “Remise en question du manque de caractère académique de la musique haïtienne!

  • April 14, 2017 at 12:58 am
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    L’Université en soi doit résoudre ce problème de laboratoire.
    Un laboratoire dans chaque département de la faculté ISERSS c’est une affaire d’une équipe dynamique, d’une équipe qui n’y va pas faire disparaître l’argent de l’Institut pour résoudre leur problème personnel.
    Je crois que l’espace peut retrouver son image avec le magicien qui donne son énergie de 8 heures du matin jusqu’à la fin de la journée.

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  • April 14, 2017 at 1:09 am
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    Félicitation Orso Antonio Dorelus.
    Malgré les problèmes de l’Université,mais cela n’empêche pas quelle donne des types comme : Orso, Marc,Sony, Jephthé, Valery, Orphé, Versage, Stanley Mettelus, Dana, Rebecca, Thaina Colas, Vélasquez, Jeff Justin, Thernélan, Badio, Coralie, Alain, Antoine Steeve, Mathieu Steeve, Gregory Docteur, Versage Paris, Diego lafortune, Paulisaint Douby, Michelson Cherfils etc.

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