Haïti : De la dictature au tâtonnement… Par Wadson Désir

Depuis la chute du président Jean-Claude Duvalier, en 1986, les gouvernements se succèdent mais les problèmes du pays demeurent entiers. Aucun effort n’a jusqu’ici été fait pour atténuer considérablement les souffrances de la population haïtienne, en quête des lendemains meilleurs. Nous avons connu 30 ans de dictature féroce, nous n’avons rien corrigé dans notre manière de faire et de voir les choses. De 1956 à 1986, notre chère Haïti a fait face à une vie politique mouvementée; marquée par plusieurs tentatives de coups d’état.




De 1804, date à laquelle nous avons accédé à l’ indépendance après la révolution, à 1986 , le pays a connu de nombreux régimes politiques n’ayant pas su se mettre à la hauteur des difficultés à surmonter. La lutte de classe , la marginalisation d’une couche sociale, le manque de cohésion sociale, cela constitue des entraves à la bonne marche du pays. Nous ne pouvons pas construire une démocratie dans l’exclusion, l’intégration est nécessaire pour réussir. Nous avons des compétences dans tous les domaines, nous devons les utiliser à bon escient; afin d’obtenir les résultats escomptés. Le changement doit s’effectuer avec l’apport de tous les secteurs vitaux du pays.

Pendant ces 30 dernières années, nous nous engageons dans une politique de tâtonnement et d’instabilité. Nous ne savons quoi faire et par où commencer, en dépit des demandes répétées d’un grand nombre de citoyens qui veulent voir progresser Haïti dans l’intérêt de tous et de toutes. Nous n’avons pas de plan de développement réel et durable, nous ne faisons qu’improviser, à chaque fois. La crise économique demeure. Et c’est là que réside tout le problème d’Haïti.

L’Etat est caractérisé par la corruption, l’instabilité politique et économique. Cela ouvre la voie à toutes sortes de choses. La pauvreté et la bidonvilisation, ce sont deux facteurs à ne pas négliger dans la situation actuelle du pays. Si rien n’est fait , nous allons nous retrouver en face d’une autre catastrophe majeure. De 1986 à nos jours, nos dirigeants n’ont jamais pu étonner le monde positivement. Le refus systémique de se mettre d’accord sur ce qui devait être fait pour changer le décor et la triste réalité à laquelle se soumet ce beau peuple.




On exploite beaucoup trop la majorité, car la population est sous l’effet exagéré de la domination d’une classe communément appelée “la bourgeoisie “. L’exploitation et la discrimination nous conduisent à de fortes disparités entre les différentes classes sociales et entre les différentes régions du pays. Au sein de cette société inégalitaire par excellence, une majorité asservie est écrasée par une minorité dominante. L’insatisfaction des besoins fondamentaux engendre des flambées de violence. Cette situation laisse l’avenir de la Première République Noire hypothéquée. Notre cher pays ne progresse pas. La situation chaotique de 2004 n’avait pas permis au pays d’attirer les entrepreneurs à investir.

Le climat de l’instabilité et de l’incertitude était à la base de la réticence des étrangers à venir s’installer en Haïti. Cela avait provoqué une forte recrudescence de la violence, la misère. Le constat est le même partout dans les régions et les coins les plus reculés de notre territoire. Les enfants n’ont pas tous accès à l’éducation, les familles croupissent dans une misère abjecte , la pauvreté est notre deuxième prénom. Nous avons beaucoup de richesses mais , aux yeux des étrangers, nous demeurons un pays pauvre économiquement .




L’absence de vision de nos dirigeants ne nous aide pas à faire de grands exploits. Le moment est venu pour nous de prouver au monde entier que notre passé historique glorieux va nous servir à remonter la pente. Les dirigeants haïtiens qui ont souvent pillé les caisses de l’Etat, par des stratagèmes variés, ont amassé les fortunes du pays au détriment des couches les plus défavorisées, se doivent aujourd’hui de faire leur mea maxima culpa.

Réagissez : Haitireyel2017@gmail.com

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *