Fête du Bicolore haïtien : Prof. Orisma appelle à la conscience citoyenne!

Fête du Drapeau Haïtien : éveil de la conscience nationale et esprit du changement Rhodner J. Orisma

La Fête du drapeau haïtien symbolise le maintien de l’Union nationale. Sa création le 18 mai 1803 à l’Arcahaie joue un rôle décisif dans l’Indépendence nationale de 1804. Pour lutter contre le système esclavagiste ou toute forme de domination et les derniers crimes commis par le Général Rochambeau, les leaders noirs de Saint Domingue ou les forces indigènes ne se montrant pas affaiblis malgré lesdits crimes renforcent plutôt leur résistance.




Aussi, ils renforcent leur détermination pour l`indépendance nationale. Pour faire suite à la nomination de Dessalines comme Général en chef de l’Armée indigène le 13 octobre 1802 et organiser leur plan de guerre, les généraux répondent œil pour œil et dents pour dents aux répressions de l’Armée française. Avant de s’engager dans la guerre de l’Indépendence, les généraux indigènes créent comme déjà indiqué le premier drapeau haïtien à l’Arcahaie le 18 mai 1803. Dessalines tient le drapeau français bleu, blanc et rouge pour exclure la bande blanche du milieu pour constituer le bicolore haïtien. Catherine Flon a eu la mission de recoudre les bandes du bicolore haïtien (bleu et rouge), lesquelles symbolisent l’union des noirs et des mulâtres et d’autres supporteurs de l’Indépendence nationale étant motivée par le slogan: Liberté ou la Mort!

D’autres slogans ont été utilisés dont celui de « Koupe Tèt, Boule Kay », lequel ne tient plus dans la construction d’une nouvelle Haïti. L’indépendance nationale a été alors accomplie sous le signe de la plus haute solidarité et de conscience de classe en vue de la transformation sociale du pays. Le 18 mai de cette année ramenant le 214e anniversaire de notre Independence doit être une occasion pour rappeler à tous les haïtiens le symbolisme du 18 mai 1803 et l’esprit de consensus ou du vivre ensemble pour reconstruire le pays dont la situation est réellement critique. En effet, le pays connait une décroissance du Produit intérieur brut (PIB) des plus écœurants durant ces quatre (4) dernières années. Le PIB est passé de 2.7%, 1.7% à 1,4% entre 2014 et 2016 respectivement. Et la prévision pour 2017 est de 1.0%.




Jusqu’à présent, aucune croissance n’est visée entre 2017 et 2020 (triennale) ou 2022 (quinquennale) par le nouveau gouvernement. Les chutes mentionnées sont dues en particulier à une décroissance agricole de 4.3% et 1.5% entre 2013 et 2014, lesquels donnent une moyenne de 2.9% en 2015. Ainsi, pour subvenir à ses besoins de consommation, le pays a du importer près 50% de produits de première nécessité de l’étranger. Une caravane de changement de mai 2017 visant la croissance agricole a été organisée par le gouvernement Moise-Lafontant en vue de sensibiliser les haïtiens vers un objectif commun, donc celui du progrès agricole ou national et de sauvegarder notre souveraineté nationale.

Mais, cela se crée plus de doute que de se rassurer du résultat escompté? Les organisateurs n’ont pas d’une manière adéquate revisité l’histoire du pays et questionné la problématique de la sous-production nationale qui émerge au moins depuis 1860 (Demesvar Delorme, 1873; Dantès Bellegarde, 1952; David Placide, 1959; Paul Moral, 1959; IICA, 1997). En effet, jamais n’ont été abordées d’une manière objective les questions du pourquoi et du comment du manque d’engagement des « agronomes-bureaucrates» de Damien ou du Ministère de l’Agriculture dans le développement agricole (Frantz Bernardin, 1978). Sinon, pourquoi ce déclin permanent? Récemment, soit entre 2013 et 2015, le budget agricole était au moins 150 millions de dollars l’an (calculé à partir des budgets nationaux de 2013, 2014 et 2015), le cinquième montant précédé par ceux des Travaux publics (MTPTC), Planification (MPCE), Education (MENFP) et Santé (MSPP).

Où sont passés ces investissements nationaux et étrangers? Et c’est tout normal que la décroissance agricole peut être moins de 1.5% l’an (2014) quand le budget n’est pas respecté. Et le même problème est partout observé! Plus de 60% du budget national vont aux dépenses d’investissement public (Budget national, 2013-2014). Les travaux urbains exécutés par exemple n’ont pas eu assez d’impact pour justifier les dépenses budgétaires y relatives.




Cependant pour avoir un pays qui bouge ou émerge, les croissances agricole et urbaine sont deux facteurs de base devant subir des changements remarquables. Cette année, que les acteurs du développement national changent leurs fusils d’épaules. A l’Arcahaie, qu’ils se renouvellent les vœux ou les idéaux du 18 mai 1803 et ceux de l’Indépendance de 1804. Il leur faut une vraie caravane d’action ou du changement, non pas celle des creux slogans connus depuis 1820, soit après la période formative (1804-1820) de la Révolution de 1804.

Rhodner J. Orisma, UEH

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