Les jeux de pari, le “Aza” aux heures de cours!

Ce lundi, jour considéré comme le premier de la semaine scolaire, à dix heures du matin, on arrive à constater dans les recoins d’un quartier populaire du côté de routes de frères de la commune de petion-ville, des jeunes qui s’amusent aux “jeux de pari”, alors qu’ils devraient être à l’école.




Les jeux du hasard ou “aza”, constituent diverses catégories de jeux dont les uns différent des autres quant à leur méthodologie, mais dont le but reste le même, à savoir le pari. Ainsi, on énumère les plus pratiqués: le ALPO ou à la porte, qui se joue avec les cartes; “pile ou face”, avec une pièce de monnaie (vulgairement appelé ” tonton-palmis), pour ne citer que ceux-là.

Cependant, les jeunes de ce quartier utilisent d’autres jeux pour se faire du blé, dont le tir des pénalités, avec deux pierres pour camp. “Le jeu est simple, il suffit de marquer le but pour vaincre celui qui parie contre vous”, rapporte un de ces jeunes. Toutefois, si marquer est difficile, on peut réclamer les poteaux comme but.

Ces jeunes n’ont pas l’air de se soucier de leurs parents qui croient qu’ils sont en classe; peu anxieux, ils font preuve d’obsession vis-à-vis de ce qu’ils jouent. ” À l’école, on s’ennuie, surtout quand le professeur est trop verbeux” martèle l’un d’entre eux, d’un ton moqueur; “par contre, ici on ne dépense pas mais on se fait du pognon” continue ce dernier.



Ainsi, ceci nous amène à s’accentuer sur un nouveau phénomène social qu’est la substitution des cours par le “aza’. En effet, L’un d’entre ces jeunes nous explique son expérience à l’école qu’il fréquentait jadis. “Alors qu’il y avait cours en classe, nous nous sommes rencontrés dans un coin peu fréquenté de l’école, avec un livre pour une partie de jeu”: nous dit-il. Mais, comment jouer avec un livre, alors que les pages de ce dernier sont écrites pour meubler notre intelligence? On utilise les pages du livre pour jouer, ou du moins les chiffres de celles-ci. “En fait, on parie sur le dernier chiffre de la page, puis on ferme le livre pour ensuite le réouvrir” raconte le jeune homme. Si, par exemple, on parie sur le chiffre 9, si le livre s’ouvre à une page dont notre numéro est sortant, on gagne.

Tandis que le prof dispense son cours, les jeunes dépensent sur la cour.

De plus, ce phénomène social incite certains jeunes finissants à regretter d’avoir passé tout ce temps à l’école. Que leurs parents auraient fait mieux de leur donner les frais scolaires, pour qu’ils puissent les multiplier en retour. “De nos jours, dans un pays comme le nôtre, l’école est une perte de temps”, articule le plus âgé d’entre eux; ayant terminé ses classiques depuis à peu près quatre ans, il fait quotidiennement les “cents pas” au quartier. Ce qui lui procure une autre façon de concevoir l’école dans un pays qui n’offre pas d’opportunités aux diplômés, voire les bacheliers. Ce jeune propulse désespérément qu’il serait mieux d’investir les frais scolaires dans les jeux hasardeux, pour se faire une bourse; ainsi on saurait retirer du chômage ceux qui croient encore que le diplôme peut-être utile en Haïti.

A-t-il raison ou tort? Quelle orientation donne-t-on aux plus jeunes, quand on voit les types de gens qui accèdent à certaines institutions publiques?





En tout cas, l’avenir du pays semble désormais plus que hasardeux. Nombreux sont ceux qui parient contre un avenir meilleur.

Statler LUCZAMA
luczstadler96@gmail.com
Étudiant à la Faculté de Droit et des Sciences Économiques de Port-au-Prince
@LOIH
@HAÏTIREYÈL

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