L’État, l’Université et le drapeau : Quel rapport? Par Raynold CANTAVE.

(haitireyel.com).- L’État en tant que superstructure est perçu de différentes manières. Ainsi, chacun pense que l’État, en fonction de sa position idéologique, sociale et culturelle de son époque.
Dans la période antique, les philosophes ont vu cette institution comme le garant d’une bonne organisation de la société en vue de produire et de maintenir le bien-être du corps social. De nos jours, il est considéré par les sociologues comme un organe de domination politique, usant la violence physique-légitime au nom du droit afin de maintenir de la cohésion et l’harmonie dans le corpus social.




Relatant la définition sociologique de l’État en ce sens, on se réfère à max WEBER qui voit que l’État a sa Capacité ferme et répressive de s’imposer sur ses sujets. En prenant la position sur le concept Etat-nation, Ernest GELLNER critique la position de weber et apporte de petites corrections. Selon GELLNER, seule la violence physique-légitime ne pourrait pas suffire, il pense bien qu’il faut imposer une mode de pensée, il faut mettre en place une identité collective qui participe au bonheur de tous. Et de plus, il pense qu’il faut socialiser les individus et que cette socialisation ne peut se faire que par l’éducation qui attribuera à l’individu de hauts savoirs et cultures permettant à celui-ci d’obtenir la capacité d’apporter des réponses claires aux besoins socio-économiques du pays.

Jean Jacques DESSALINES, Henry CHRISTOPHE, François CAPOIS dit « kapwalamò », pour ne citer que ceux-là, n’avaient pas vraiment le parcours académique de certains leaders actuels de ce pays, mais ils avaient eu des pensées visionnaires beaucoup plus profondes qu’eux. Ils ont pris le soin de penser et de construire une nation avec tous ses symbolismes, nous, aujourd’hui pour cracher sur leurs œuvres, nous avons pensé de détruire cette nation et de bannir tous ces symbolismes.

Le drapeau haïtien, un outil identitaire fort, est souillé par beaucoup d’entre nous, le 18 mai n’a aucun sens dans la vie commune de ce pays, la bi-colorisation de l’espace public haïtien est inexistante, l’hymne national du pays est rarement entonné dans l’environnement national, celui qui chante, chante par pitié et l’évident c’est que, comme toutes les autres dates, le 18 mai est considéré pareil par rapport à tout ce qui devrait être fait dans cette date.




Citant Odette Roy FUMBRUN, sur l’essence du drapeau haïtien, elle pense que le bicolore haïtien est l’expression de l’Union et aussi un appel au ralliement de toutes les énergies, de tous les talents pour renverser les obstacles à l’édification d’une nation haïtienne, il est la porte étendard des valeurs de liberté, d’égalité, et de dignité humaine.

Par contre, cela nous fait entendre qu’a travers ses idées que le drapeau haïtien n’est pas seulement deux bandes d’étoffes liant l’une de l’autre à l’intérieur desquelles se trouve une armoirie, mais c’est une instrument qui exprime et apporte l’âme d’une société construite par la résistance assidue et fervente non seulement lié à la libération des individus opprimés sous l’Empire de l’esclavage et raciale, mais aussi il indique au monde entier la voie à prendre pour parvenir à une libération effectivement générale des corps et des esprits.

Maintenant, voyons le rôle de l’Université d’Etat d’Haïti à cet effet.
Jean Anil LOUIS JUSTE, professeur à l’Université d’État d’Haïti, transcrit avec des mots de Dermeval SAVIANI, exprime que l’Université, comme institution, est produite simultanément et en action réciproque avec la production des conditions matérielles et des autres formes spirituelles. C’est-à-dire, autant que l’Université est un lieu de conservation, de création, de transformation et de transmission de haute culture, elle est aussi un outil qui participe à la production matérielle et symbolique d’une société.

Par conséquent, l’Université en Haïti a aussi comme engagement de construire l’esprit critique et civique chez les citoyens, les individus en vue de sauvegarder l’existence de nos symboles plus particulièrement le drapeau et ensuite de préparer et de produire des hommes et des femmes pouvant contribuer au respect profond de nos indices identitaires.




Enfin, à travers ces éléments, il est complètement obligatoire à ce que l’État parvienne à structurer notre système éducatif à conséquence qu’il produira des hommes et des femmes valables dominés par l’esprit de protéger, de respecter le pays, les institutions et les symbolismes historiques et culturels de cette terre, un esprit d’engagement et fervent hanté par un âme haïtien . En faisant cela, Haïti sera en mesure de reconquérir sa vraie reconnaissance qu’elle avait perdue depuis des siècles, que ce soit sur le plan national et aussi sur le plan international.

Raynold, CANTAVE
Étudiant de l’UEH.
Administration pub à INAGHEI
Philosophie et sciences politiques à lIERAH/ISERSS.
Raynoldcantave09@gmail.com
Tous droits réservés.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *