Une jeune haïtienne fait appel à la Révolution!

Haïti a connu une grande révolution qui a éclaté en 1789, mais il est évident que depuis, le pays n’a pas évolué dans le sens de nos attentes. Nous n’avons cessé de faire face à des bouleversements. Ces cataclysmes ont accouché des maux qui nous ont accompagnés infatigablement à travers les années suivant notre indépendance. Les grands discours pleuvent, les associations pullulent, les aides nous parviennent sous différentes formes, mais parallèlement nos maux s’amplifient. Nous les connaissons par cœur car ils handicapent nos moindres efforts d’accéder aux services qui nous sont dus par l’Etat, entre autres barricades. La piètre gestion de nos institutions publiques, les ressources humaines inaptes qui desservent la population nous condamnent à régresser ; pour preuve, toutes les instances concernées par les différents problèmes du pays sont bien présentes mais les difficultés persistent :




· La mairie est impuissante car elle assiste passivement à la commutation de la capitale en un grand marché incontrôlable, informel qui n’ajoute pourtant rien aux caisses de l’Etat mis à part les conséquences néfastes que cela engendre pour la vie citadine. Aucune solution offensive et viable ne se substitue encore aux démonstrations propagandistes temporaires.

· SMCRS n’a, depuis ces vingt dernières années, toujours pas pris de mesures structurelles pour la gestion des déchets.

· La direction de la circulation, à nos jours, n’a remis en question les conditions infernales de transport en commun.

· Des centaines d’enfants grandissent dans nos rues et vont à l’école de la délinquance juvénile. Cette jeunesse illettrée sera utilisée à des fins personnelles et sera immanquablement les ennemis de notre société.

· L’extrême pauvreté dans laquelle se retrouve la majorité de la population haïtienne ouvre les portes non seulement à l’insécurité mais est préjudiciable à toutes formes de démocratie.

· L’analphabétisme d’environ 40% du peuple reste un fléau important aussi bien qu’il menace de s’élargir car plus d’un tiers des enfants en âge scolaire ne fréquentent pas l’école.

· Les problèmes de l’environnement sont liés aux problèmes de la population et de l’extrême pauvreté. L’une des conséquences de la mauvaise gestion de l’environnement, si nous considérons aussi le droit environnemental, est la bidonvilisation qui s’est amplifiée suite au séisme du 12 janvier 2010. Il nous faut compter également l’érosion qui évolue à un rythme inquiétant et dont les retombées les plus évidentes sont l’assèchement de nos rivières et une diminution du taux d’approvisionnement en eau. La gestion de déchets étant quasiment inexistante, les villes, rares sont les exceptions, croulent sous les immondices qui font maintenant partie intégrante de la toile de fond du pays et contribuent aussi à la propagation de toutes sortes de maladies.

· L’agriculture est négligée en dépit du fait que nous en dépendons pour nous nourrir et qu’elle est incontournable dans le développement de notre économie. Nous avançons à grands pas vers la famine tandis que la gourde perd de sa valeur chaque jour un peu plus.




· Notre économie connait un déficit flagrant.

C’est là une liste non exhaustive des maux d’Haïti. Et nous vivons avec ce mythe tapi dans les recoins de notre conscience qui nous fait dire qu’aucun changement n’est possible pour le pays. Nous sommes à ce carrefour où un véritable changement s’impose. Chaque haïtien, indépendamment de sa situation, doit avoir pleinement conscience qu’à ce stade il est impératif de nous arrêter et de définir une nouvelle vision.

Il nous faut une révolution !

En parlant de révolution nous sommes assaillis par des images sanglantes et des pertes des deux côtés, quand bien même la victoire serait au bout du tunnel. Nous pouvons illustrer, à titre d’exemple, la révolution des cent fleurs, la révolution cubaine etc. Nonobstant qu’aucune révolution ne ressemble à une autre ; aucune révolution, selon la classique réalité qu’elle implique, ne nous conviendrait. Au final, contre qui nous nous battrions nous si ce n’est contre nous-mêmes ?

Etant donné que chaque Haïtien est responsable de la situation actuelle du pays, d’une façon ou d’une autre, cette révolution doit viser un pacifisme et devra rallier tous les haïtiens à une cause commune, logique, qu’est le changement de ce système qui tue tout espoir de progrès pour le pays. Il est vrai que Mandela lors de son combat contre l’apartheid a dû laisser tomber l’arme de la dialectique pour passer aux armes en 1961. Cependant en Haïti, NOUS SOMMES notre premier et plus grand adversaire? En effet, nous avons beaucoup d’individus en Haïti, mais souffrons d’une forte carence de citoyens.

Henry M. Dorléans explique, dans son précieux ouvrage « Change-toi toi-même et change ton pays », qu’un pays est la manifestation d’idées que nous nous faisons de lui. Partant de ce principe, nous avons désespérément besoin d’une révolution de la pensée, une révolution intellectuelle avec comme boussole première les règlements de notre mère patrie (amendée) qu’est la constitution. Cette révolution doit être accouchée par notre élite intellectuelle et adoptée par tous les secteurs.




Cette nouvelle conception devra être véhiculée dans nos écoles, nos universités, à travers la masse paysanne, enfin dans tous les secteurs. Elle constituera un leitmotiv pour l’élite intellectuelle appelée à travailler de concert avec le gouvernement, conscient de la nécessité de se démarquer de nos méthodes empiriques.

Cette révolution doit être une série de pensées positives du social, culturel, des secteurs agricole, éducatif ; et enfin de la politique interne aussi bien qu’externe du pays.

Saïka Céus

2 thoughts on “Une jeune haïtienne fait appel à la Révolution!

  • June 30, 2017 at 6:26 pm
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    C’est très facile de se tenir devant une “lectern” pour parler de rèvolution, mais la rèalitè de changement passe d’abord à travers les compètences que le pays possède. La Russie ,et plus près de nous , Cuba ont sacrifiè des millions de vie pour forcer une doctrine dans leurs peuples, et ça n’a pas menè au paradis. Pourquoi tous ces morts et tant d’autres emprisonnès si le bien-ètre devient gèneralisè. Pourquoi ce baillonement de la presse, l’interdiction d’aller ou de revenir au pays quand bon vous semble si tout marche à merveille. Il y a un proverbe anglais qui dit bien: “Be careful for what you wish for” Vèyè zo’w pou sa ou swètè!

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  • July 4, 2017 at 1:58 am
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    Frères, le Patriotisme, presqu’étouffé chez nos citoyens, est et demeure la CLE Universelle du progrès national. D’hui, nous constatons, a tous les niveaux et quelqu’en soit la fonction occupée par un présumé individu, la gestion est personnelle; d’ou l’HAITI égarée. Certes, toutes raisons obligent un changement. Mais, l’inconcevable persiste en : Quand et par qui viendra cet air? La soeur, tout en Salomon, a claironné. De grace, ” Ab ovo usque ad mala “, fut-ce que ses références ne soient dignes d’application, telles qu’elles sont. J’crois qu’unis et dévoués a cette noble cause, au nom de notre PATRIE, ensemble nous porterons fruits aux jeunes qu’espèrent…….Cette jeunesse ! Ne soyons sourds, donc attentifs. Merci !

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