Faut-il tout un combat pour un vrai moment de baise?

(haitireyel.com).-

Le désir de se perdre dans des plaisirs littéralement érotiques semble ancré, voire fait chair dans l’esprit de la jeunesse haïtienne. Dans l’esprit des jeunes de tout l’univers probablement ; car je qualifie, moi-même, ce phénomène d’ << idéologie juvénile>>.




L’excès en tout, nuit. Apparemment, Cette affirmation leur serait asémantique puisqu’en voulant vivement assouvir leur faim charnelle, palper la cime de leur sensation, leurs sens les conduisent fréquemment vers des pratiques peu classiques ou peu conformistes. Peut-on vraiment parler de conformité en cas de coït? Je l’ignore jusqu’à cet ultime moment, quoiqu’ avec des lunettes Sadiennes, je dirais banalement, un grand NON. Puisque le sadisme voit l’acte sexuel comme :
-Une lutte sensuelle
-Un moment de jouissance dans lequel l’excitation érotique et le plaisir ne peuvent être obtenus qu’en infligeant des douleurs physiques et morales à son partenaire
-Une jouissance qui doit transpercer et le corps et l’âme
-Un choc de souffle.
Mourir en baisant serait la plus belle façon de mourir. N’est-pas Sade ? (cf : la philosophie dans le boudoir)
Devrait-on mentionner le nom de Michel Foucault dans un tel sujet ? Cela n’empirait-il pas la situation ? La sexualité, qui, avec l’idéologie foucaldienne, est perçue comme un fait historiquement construit, un pouvoir, un acte dessiné et enjolivé par des institutions dominantes. Les églises par exemple ! (cf : l’histoire de la sexualité)

Le monde est comme entrain de marcher à reculons. En comptant des pas à rebours. Sans qu’on le sache, nous vivons le retour de la sodomie. Elle est juste enjolivée. Le sadisme et le masochisme nous sont exposés aux yeux tel le soleil en plein ciel.
Au fait, cela n’a plus de portée clandestine. Pwa, condom imprégné de stud, de tafias mélangés et médicaments confectionnés à cette fin (augmenter l’endurance sexuelle). On les expose aux yeux de tous. Bébés, jeunes, adultes, vieillards. Dans les pharmacies, les supermarchés, au marché, à travers les rues. La jeunesse, naïve qu’elle soit, en use jusqu’à s’en abuser, sans penser aux conséquences.

En effet, il est inéluctable que certaines pratiques sexuelles jugées néfastes tendent à connaitre un accroissement sérieux en Haïti, ces jours-ci. Cela se passe dans certains milieux aisés et dans les quartiers défavorisés. Les hôpitaux en parlent à perdre souffle. De plus, il n’est plus surprenant d’entendre parler de faits sexuellement regrettables entre autres :
-Des personnes mortes après avoir baisé à l’excès
-Des vagins et des penis qui se distendent comme des ballons de basket-ball…

Après des enquêtes que j’ai moi même menées dans la ville de Saint-marc, des Gonaives et à Port-au-Prince au cours du mois de juillet 2017, deux jeunes sur trois, des deux sexes, de 18 à 25 ans me révèlent que leur génération est comme atteinte par un virus : l’insatiabilité sexuelle. Le coït est comme confondu au plaisir illimité où la jouissance doit inévitablement provenir de l’affliction de l’autre. Comme s’il y aurait un faible et un fort, comme si c’était une scène de boxe !

<>. Me disent-ils d’une franchise démesurée. Ils ont ajouté qu’avec les stipulants , ils arrivent parfois à apaiser leur désir charnel de artificiellement insatiable. Et que le fait de s’envoyer en l’air sous la pression d’un pwa, d’un lyann-bande, d’un bwa-kochon ou d’un condom baigné dans le stud leur semble toujours une bonne idée. Une idée immanquable. Ils prennent plaisir à le faire ainsi, c’est souvent une belle partie, me révèlent-ils. Néanmoins, reconnaissant que cette pratique est très dangereuse, ils avouent être prêts à payer les conséquences. Car certains d’entre eux, n’accepteraient pour aucune raison au monde de se laisser traiter de << bèk-atè>>.

Il faut préciser que ce souci est plus fréquent chez le sexe masculin qu’au sexe féminin. Les filles que j’ai rencontrées m’ont dit qu’elles n’en usent pas, de crainte de ne pas être transformées en nymphomanes par ces derniers. Mais , ne serait-ce pas une exigence de la part des filles? Beaucoup d’entre elles aiment tellement quand
James-Kenley Jean-baptiste
l’acte sexuel perdure! Il en a même qui prennent plaisir à dire du mal de leur partenaire: ” A misye gen bann pou l, li pa kanpe sou anyen”. ( Ahh! il n’arrive jamais à me satisfaire. Il peut à peine tenir deux minutes)




Alors que certains croient qu’il s’agit d’une pratique plus que parfaite, d’autres détiennent parfois l’envie de ne pas se laisser emporter par le courant de ce phénomène voilé. Des tas de jeunes filles m’avouent qu’elles n’aiment se faire prendre qu’au vagin, et jamais à l’anus. Elles ne tolèrent pas non plus les tapotements digitaux, encore moins des fessées. Pourtant, elles sont des jeunes comme toutes les autres. Cela dit que proposer à une jeune fille ou un jeune homme de lui prendre à la Sade exige beaucoup de prudences, car il faut d’abord s’assurer qu’il/elle est ouvert/e à ce genre de pratique. On ne risque rien d’oser, certes, mais il ne faut pas s’attendre toujours à ce qu’ils/elles te disent tous/tes « oui », le feu vert est fréquemment tacite. Me Confirment-ils !

Des célèbres sexologues , en l’occurrence l’américaine Virginia Johnson et le français Gérard Leleu ont déclaré que cette pratique sexuelle est fort souvent née de la méconnaissance du sexe et le pourquoi de faire l’amour. Ils énoncent l’idée selon laquelle ses partisans auraient en tête la conviction que le sexe détient le statut de sexe uniquement quand ça choque, quand ça trouble doucement. A préciser qu’ils ne nient pas l’éventualité que certains cas soient pathologiques, autrement dit que certaines jeunes filles seraient des nymphomanes nées et des jeunes hommes sexuellement impotents. Ils soutiennent également l’idée que mener des enquêtes sexologiques approfondies sur une telle problématique serait très bénéfique.



C’est triste à dire que très peu de jeunes haïtiens se connaissent en matière de sexologie. Certains en entendent à peine parler, et ça constitue une infirmité éducative et sociologique… En Haïti, l’étude sur la sexualité est vue comme un domaine compliqué. Un sujet tabou. L’est-il vraiment ? Ainsi, faire l’amour comme pour tuer le partenaire, l’usage des produits qui surcroit l’endurance sexuelle sont devenus des pratiques mortellement vitales. Que peut-on alors espérer à l’avenir ?

Marvens JEANTY, étudiant à la Faculté de Linguistique Appliquée.

One thought on “Faut-il tout un combat pour un vrai moment de baise?

  • August 27, 2017 at 7:45 pm
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    Je vous souhaite bonne chance bonne continuation

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