Le bourg de Grande Saline, un valeureux trésor qui déchue .

(haitireyel.com).-

Rappelons que Grande Saline est une commune de l’arrondissement de Déssalines dans le département de l’Artibonite. Une ville côtière qui n’a pas d’ancien nom et a été élevée au rang de commune en 1876 sous le gouvernement de Boisrond Canal. Sa population était estimée à 28 000 habitants en 2010 et peut atteindre plus de 40 000 cette année. Son relief dominant est la vallée et il y fait toujours chaud. Elle est surtout connue pour sa fête patronale << Saint-André>> organisée immanquablement chaque 30 du mois de novembre, quoique le gentil Saint-André semble en vouloir à son saint-lieu. Car les principaux bénéficiaires ne sont pas toujours de la zone Bizarrement Paradoxal!




Se focalisant sur les lignes ci-dessus, nous devrions nous attendre à une peinture merveilleusement attrayante de la commune, plus précisément du bourg, pourtant la vie y trouve à peine sa place. Tout y est noir. Reginald, un professeur très connu du bourg m’a rapporté qu’il n’y a pas de dispensaire, ni de centre de santé, voire d’hôpital. Et le taux de mortalité ne cesse de grimper des échelons. Le Ministère de l’Education nationale de la Jeunesse et des Sports n’y est pas représentée. Il en est de même pour le Ministère de la Santé publique . On y compte que deux écoles. L’une publique arrivant au niveau primaire, qu’on a malheureusement abandonné, et l’autre privée arrivant en 9ème année fondamentale, que la population, faible de moyens, peut à peine y faire fréquenter leurs enfants . Le bourg n’est pas électrifié quoique le gouvernement << tèt kale>> en a bien tenté, et sur le plan de la Communication, elle n’a ni journaux/revues, ni station de télévision , mais juste une station de radio nommée Grande Saline FM ne pouvant être auditionnée que par le bourg .

En ce qui a trait aux infrastructures administratives et judiciaires , le bourg a un tribunal de paix, où l’absence des juges se fait constamment sentir. On y trouve pas de prison, mais juste une petite sale de garde à vue mesurant à peine dix mètres.
Il n’y pas non plus d’établissements économiques et financières. Pas de bibliothèque, ni musée, ni salle de théâtre. Quant à la culture et au loisir, on y trouve absolument rien. Et , concernant les patrimoines culturels , il y a juste lieu de signaler la présence d’une plage naturelle et d’un lieu historique << Vieux-Bac>> localisés sur l’habitation Bac d’Aquin.

Les ruelles ne sont ni asphaltées, ni adoquinées. Sous la pression de la moindre goutte de pluie, la route devient automatiquement impraticable, des logements immondes , des enfants , jeunes, adultes circulant à nu-pieds sur le sol calorifique. Le bourg peut-être tout, sauf habitable! A tristement confirmé Reginald!




S’il nous arrive de vouloir dire que le bourg de Grande Saline existe, il nous faudra le courage d’affirmer qu’elle est complètement nue et hantée par la misère. Pas d’eau potable, pas de pharmacie. On y voit que le ciel et la terre. Après c’est le vide et le néant. Rien ne nous dit que ce lieu abandonné par les autorités n’est pas l’opposé de ce que l’on appelle le paradis. Des baraques construites à terre battue, la famine qui en crache long sur les conditions de vie de la population…

Depuis un certain temps, l’espoirs du bourg entier se repose sur la pêche des anguilles << cette petite bestiole que l’on vend aux étrangers à un prix plus au moins raisonnable >>. En effet, Cela demeure l’unique activité commerciale du bourg, malheureusement qui n’est pas permanente, selon Reginald , qui pense que l’État devrait porter mains fortes à ces pauvres gens que le temps humilie durement.

Se trouvant entre la mer et la rivière , le bourg détient l’allure d’une presqu’île, ne laissant pas passer même une lueur d’occasion d’inquiéter la population. Leur vie est quotidiennement exposée à tous les dangers. C’est toujours avec une lourde peine que l’on observe, coeur affligé, la déchéance monstrueuse et les déboires du bourg face au résultat de la fusion entre la mer et la rivière. Ces dernières constituent une partie de leur vie, certes, mais cela n’empêche qu’elles leur rendent l’existence invivable.
<<Pourtant, les autorités s’en tapent guère >>, affirme encore Reginald.




Faces à leurs intempéries, quelques jeunes y essaient de s’organiser en vue d’atténuer certaines calamités du coin. << Gwoupman pou Sove Grann Salin>> est le nom de leur regroupement qui tente tant bien que mal de prôner la responsabilité et l’engagement de la jeunesse au milieu des habitants. Un jeu extrêmement difficile à mener à cause de leur manque de moyens pécuniaires. << ici la famine règne, quelques jeunes filles sont obligées de se prostituer juste pour se nourrir. L’espoir de la jeunesse est comme enterrée>>, reconnaît Reginald.
Marvens Jeanty

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