Urgence : le Jeune Orphée demande au Président de Repenser le Budget!

Lettre ouverte à S.E.M Jovenel Moïse, président de la république

Le 15/09/2017

Objet: Demande de reconsiderer certains articles de la loi de finances 2017-2018

Monsieur le président de la république,

Permettez-moi de vous saluer conformément aux exigences dues à votre qualité de premier citoyen du pays. Je vous écris en tant que citoyen sidéré et inquiet devant le deferlement auquel nous assistons dans le pays, ménaçant de nuire son fonctionnement normal .

En effet, comme vous le savez, le peuple haïtien, à travers des milliers de citoyens, a gagné les rues pour exiger de l’éxécutif la révision d’un ensemble d’articles qu’il juge être à son encontre . Ce qui est son droit le plus entier, car, comme l’avait formulé Pierre Bourdieu, il n’y a pas de démocratie sans des révendications. Ces milliers de citoyens ont gagné les rues, il faut que, en tant président de la république, vous vous mettiez à leur écoute. Et tout conseiller qui banalise la sortie de la population ou qui minore son effectif n’est pas sérieux ou est de mauvaise foi. Il est encore temps d’éviter au vent d’être un ouragan . Évitez donc la catastrophe qui se prépare avec son cortège de désolation , de sang et de saccage.

Monsieur le président,

Payer des taxes est, certes, un devoir civique. Mais il faut qu’elles soient retournées à la population sous forme de protection sociale. Dans un pays comme Haïti, plus la population paie des taxes, plus sa condition de vie se déteriore. En fait, cela fait déjà très longtemps que le pays est cabossé. Cela fait très longtemps , depuis que l’exercice quotidien de la population est de regarder tristement impuissante cette réalité. Actuellement et comme toujours, les rues se dégradent, les jeunes ne cessent de fuir le pays; le pays s’appauvrit: baisse du niveau de vie, le chômage croît à une vitesse démesurée. Les haïtiens, pour la grande majorité, sont de plus en plus inquiets pour leur avenir, pour leurs enfants, pour eux-mêmes. Parce que, chaque jour, ils mesurent les difficultés de vivre dans le pays. Le chômage, la misère, la délinquance, l’insécurité font partie de leur vie quotidienne. On ne peut pas demander à cette même population de payer des taxes , alors qu’elle est souffrante et n’est pas certaine qu’elles vont lui retourner en termes de protection sociale . À ce point, les taxes qu’on compte prélever sur la population sur les services de passeports et du renouvellement de la carte d’idenditification nationale meritent d’être repensées.

Comme vous l’avez dit lors de votre campagne, c’est la dimunition du train de vie de l’ÉTAT qui vous permettra de réaliser vos projets. Jusqu’à présent, aucune mesure n’a été prise en ce sens. La corruption au sein de l’administration publique est un cancer qui ruine le pays. Capitalisez sur elle, pour que le pays cesse d’être une vache à traire. Ce faisaint, à coup sûr, vous trouverez les moyens possibles pour matérialiser vos différents projets

Il importe de penser pour la population. Car, depuis très longtemps, elle vit dans la dèche la plus effroyable. Repenser la loi de finances de l’exercice fiscal 2017-2018 est un atout considérable qui vous est offert, une possibilité pour montrer que vous êtes à la hauteur de la tâche qui vous a été confiée. Il serait regrettable que vous ne sachiez pas en tirer le meilleur parti.

Il s’agit pour vous, surtout pour Haïti, monsieur le président, de vous mettre à l’écoute des conseils salutaires qu’on vous formule, en regardant en face la réalité pour sortir le pays de l’impasse suicidaire où il se trouve. Il est de votre responsabilité de tout mettre en oeuvre , en tant que chef de l’ÉTAT, pour pallier la crise qui sévit au pays. Et votre destin aura trouvé son couronnement, si, vous décidez d’agir dans le sens de l’interêt de la majorité.

Je vous prie d’agir pendant qu’il est temps dans l’urgence et avec sérénite. En tant que garant de la liberté, de la quiétude sociale, vous devez donc entendre et comprendre le cri de la population. Le courounnement de votre mandat en dépend.

Ce n’est pas un ordre que je vous édicte . C’est, de préférence, des conseils salutaires que je soumets à votre intention. Ce faisant, je pense avoir fait mon devoir de citoyen soucieux de l’avenir assez incertain de son pays.

En vous rémerciant de l’attention que vous accorderez à ma lettre, laquelle est l’expression de la souffrance du peuple, je vous prie, monsieur le président de la république, de croire à mon sincère dévouement.

James Marc Donald, étudiant en philosophie et sciences politiques à l’Université d’ÉTAT d’Haïti.

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