À la veille du 18 Novembre, Samuel Jozil nous exhorte!

Une exhortation à la compréhension de l’histoire

À quelques jours de la date marquant la bataille de Vertières, 18 Novembre 1803, un ancien esclave rappelle aux hommes politiques qu’ils ne sont pas propriétaires de la terre d’Haïti. À cet effet, ils doivent la laisser telle quelle aux générations futures.




On m’a appris que mes parents viennent de l’Afrique. Cette terre, berceau de l’humanité, que les Européens considéraient et considèrent encore comme un dépotoir. J’avais pensé que les gens de ma couleur sont fils du diable et que les blancs sont de dieu. On m’a enseigné qu’être sous la volonté d’un homme, sous l’emprise de ses désirs était l’objet du destin de Dieu. Comme je ne pouvais pas lire, j’ai cru vraiment que ces messages étaient révélation de ce dieu dont ils me prêchaient. À chaque coup de bâton sort de ma bouche des crachats sanguinolents. Chaque coup, chaque frère tué renforçait en moi la haine de cette race. Jusqu’au jour où je me suis révolté et pris place à côté de mes frères d’Afrique pour revendiquer mon humanité, pour proclamer à tous que j’ai droit respect et liberté. Oui ! Je me rappelle que c’était un 18 novembre.

Par ma résistance et celle de mes frères, je mets le mot << liberté >> dans la bouche de tous. Je fais réel ce que les autres ont seulement pensé et écrit. J’ai dû combattre amèrement pour le salut des progénitures de mes frères. Pour conserver cette race menacée par l’avarice, la méchanceté et l’égoïsme des hommes “blancs” qui ne savaient pas qu’il n’y a pas un rapport déterministe entre la différence de couleur, de sexe… et la place que l’individu doit occuper ou occupe dans le corps social. Ils ne le savaient… Ignorants qu’ils sont.

Je ne regrette pas le fait que je sois dans cet état de faiblesse physique maintenant. Je suis épuisé. Toutefois, je me vante du fait d’être plus futé à mon époque que ces gens qui vivent sur la terre acquis pas ma vaillance et ma bravoure. J’arrive à constater que les actions que j’avais posées ont dépassé mon temps, ma génération et mon époque. Elles visaient la libération et l’émancipation de tous. Malheureusement, cette génération de dirigeants, d’hommes politiques veulent tout détruire : hommes, ressources et terre. Ils n’ont aucune marque d’humanité. Ces types d’hommes ne sont pas descendants, il me semble, de mes frères de souffrance et de combat. Ils semblent être des sang-mêlés gâtés par les hommes de 1915. Ils dilapident, pillent et gaspillent. SSincèrement, j’ai plus de courage d’assister à la pingrerie de ces hommes et femmes politiques voulant d’une seule bouchée tout avaler. Ces derniers me font questionner journellement la finalité de mes combats, de mes révoltes contre l’esclavage et de la soumission étant donné qu’ils acquiescent toujours en bon enfant aux positions et décisions des gens contre lesquels je m’étais soulevé.




Que leur fils et filles soient différents d’eux ! Qu’ils comprennent que cette terre leur appartient et qu’ils ne sont pas obligés d’aller végéter et travailler dans les conditions les plus humiliantes dans d’autres pays ! Qu’ils s’aiment et apprennent qu’ils sont issus des hommes et femmes braves, courageux et forts ! Qu’ils sachent que leurs pères et mères ont inscruté chez certains un traumatisme de telle sorte que le mot << Vertières >> n’apparaît plus dans leur histoire.

Samuel Auhsey JOZIL
Tel : 3896 0239/3314 66 26
Émail : jozilauhseysaj@gmail.com

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